
| [A] Fabienne Verdier |
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| [B] Kamel Hajaji |
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Sur la terre comme au ciel
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 Je voudrais simplement recopier chacun des mots de Fabienne Verdier dans son entretien avec Charles Juliet tant elle dit tout ce qu'il y a dire à de son travail avec la poésie subtile du penseur. J'aimerais décrire chaque couleur et chaque trait de ses toiles sans long discours mais avec la lenteur et la réflexion d'un philosophe très vieux qui se serait assis devant une des ses toiles pour le reste du temps et respecter cette indescriptible profondeur qu'elle nous fait découvrir à travers son parcours, sa vie, son œuvre, tous trois indéfectiblement liés. Une dizaine d'années que je suis de loin son travail, que je regarde ses toiles dans deux très beaux livres que je possède à défaut de pouvoir contempler une seule d'entre elles sur l'un de mes murs. Oui, cet article n'en est pas vraiment un car mon admiration est au-delà de l'exercice journalistique. Et cependant je vais vous parler d'elle car c'est une femme dont l'itinéraire peut apporter quelques réponses sinon alimenter le questionnement perpétuel qui nous fait vivre. Toute peinture est poésie, celle de Fabienne Verdier est pure contemplation. Un poème que l'on peut relire cent fois sans jamais être lassé de son rythme et de la couleur de ses mots. Comme un poème de Rainer Maria Rilke :  « Mais ce que tu es : cela seul je l'ignore. Je sais seulement chanter ta louange : cercle de légende autour d'une âme, jardin autour d'une maison dans les fenêtres de laquelle je vis le ciel. »
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 Fabienne Verdier vit dans une maison avec un grand jardin autour, crée son atelier avec l'architecte Denis Valode, un espace de lumière comme dans une chapelle cistercienne, et dit en réponse à une question de Charles Juliet : « L'éclat du cerisier en fleur devant l'atelier est à en perdre la raison. » Dix ans en Chine auprès des grands lettrés chinois, un apprentissage douloureux mais pas seulement, ont fait d'elle une femme en recherche permanente d'harmonie avec la nature, avec son pinceau et l'encre qu'il transpose sur la toile, avec le souffle de la création et l'inspiration intérieure, l'infini recommencement du cercle parfait, de la vie toujours renouvelée autour de nous. Le cercle, « la forme la plus métaphysique qui soit, sans début ni fin. »
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 Absolu, Extase, Ainsité, Immortel, Vacuité sont les Silencieuses coïncidences de Fabienne Verdier. Des cercles qui touchent au sublime, un seul trait de pinceau et l'âme tout entière qui s'y plonge. « Il faut bien 30 ans de pratique acharnée pour ressentir l'amorce d'une libération du corps et du mental à l'œuvre. » C'est à l'aide d'un pinceau, tels ceux utilisés en calligraphie, mais celui-ci de 2 mètres de haut et pesant 60 kilos chargé d'une encre fabriquée par ses soins selon une méthode ancienne, que Fabienne Verdier trace son trait d'obscurité sur un fond d'une couleur profonde, minérale, travaillée au corps. « Je me plante au centre du tableau pour vivre l'expérience réelle de la genèse d'un paysage.» Qu'est-ce que l'expérience réelle de la genèse d'un paysage ? Peu d'entre nous feront un jour cette expérience. On touche là au divin, à l'instant ressenti dans sa plénitude. L'être entièrement enveloppé dans l'univers et conscient de cet enveloppement spirituel absolu. Le trait n'advient jamais seul, le chemin qu'il a parcouru laisse derrière lui des traces d'encres, des taches, des coulures, empreintes du geste qui lui a donné naissance. L'action de la pensée saisie, sans fracture, pleine de sens et de beauté. Cette exposition intitulée Peintures comprend une quarantaine d'œuvres inédites sur trois thèmes : Ligne espace-temps, Arborescence, Incandescence (hommage aux maîtres Flamands). Nature, spiritualité, univers, toute l'âme d'une femme, Fabienne Verdier au service de son art : « Je reste émerveillée, face à l'inexpliqué qu'est cette grande unité du monde, et je m'attache à la peindre. » *
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 * les citations sont extraites de Entretien avec Fabienne Verdier par Charles Juliet (Albin Michel)
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Née en 1962 à Paris, Fabienne Verdier est diplômée de l'école des Beaux-Arts de Toulouse en 1983. La même année, elle obtient la première bourse chinoise d'études dans le cadre du jumelage entre la ville de Chongqing en Chine, et la ville de Toulouse. Elle part alors suivre des études supérieures d'art à l'institut des Beaux-Arts du Sichuan dont elle sort diplômée en 1989 avec un prix d'excellence.
Au-delà de sa formation artistique, le parcours professionnel de Fabienne Verdier reste marqué par les relations France-Chine : entre 1989 et 1991, Fabienne Verdier est attachée culturelle auprès de l'ambassade de France à Pékin, responsable des échanges et de la coopération artistique. En 1991, elle devient membre d'honneur de l'Association nationale d'études comparées franco-chinoises.
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| [B] Kamel Hajaji |
| Texte Fanny LASSERRE |
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Fanny Lasserre24/03/2012
 | L'oxymore, qui crée une nouvelle réalité poétique, n'est pas une invention moderne. Corneille en a fait ce merveilleux vers dans Le Cid : « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles ». Aujourd'hui encore, son rythme syllabique comme l'imaginaire qu'il provoque, nous force à en faire référence. |
Fanny Lasserre01/02/2012
 | L'atelier de Li-ling Lin, rue de l'Hirondelle, à l'angle de la rue Gît-le-Cœur, porte déjà en son sein, au rez-de-chaussée d'un hôtel que François 1er a estampillé de sa salamandre en l'honneur de sa maîtresse Anne de Pisseleu, les prémices de l'œuvre cachée et intime d'une artiste peintre discrète. |
Marie Masuyer01/02/2012
 | Dans cet Est parisien où de nombreux artistes plasticiens ont trouvé la lumière et l'espace nécessaires à leur travail, nous rejoignons Xavier Wei (initialement Wei Chenhong), peintre taïwanais et français de coeur depuis 1991. Discret, incarnant au premier abord une réserve toute asiatique, Xavier parle une langue métissée mais qu'on dirait dédiée à son art : précis et perfectionniste. |
Fanny Lasserre et Thierry Vasseur14/10/2011
 | Le Cri de Edvard Munch arrache à Julie Perin un cri du cœur: « Je dis à maman à 12 ans : quand je serai grande, je serai artiste. » Une vocation précoce qui l'anime encore d'une force et d'une capacité de travail impressionnante, accompagnée d'un raisonnement profond et continuel sur le corps, sur cet instant qui perdure où la petite fille devient une femme, objet de fascination et d'interrogations qui viennent depuis nourrir son œuvre. |
Marie Masuyer12/06/2011
 | Les routes d'Elodie Lachaud sont envoûtantes et multiculturelles. Sur fond de balade solitaire, chacun s'y retrouve, entend son histoire, passe d'un monde à un autre sans jamais se perdre complètement. |
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