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Par Yazid Manou le 01/12/2009 | Réagir | Envoyer | Imprimer
Carte blanche à Yazid Manou
RYUICHI SAKAMOTO
8 novembre - Espace Pierre Cardin (Paris)
« Playing the Piano » (Decca/Universal Music)

Pas très éloigné de l'ambassade des Etats-Unis et du Palais de l'Elysée, il ne risque pas d'y avoir du grabuge à l'Espace Pierre Cardin et ce n'est pas la présence de Ryuichi Sakamoto en novembre qui aurait pu troubler l'ordre public. Le compositeur et acteur de l'inoubliable film « Furyo » avec David Bowie, donnait un unique concert en France pour la sortie de son album « Playing the Piano ». La salle affiche complet. Sur la scène, un écran et deux pianos ouverts qui se juxtaposent, ils sont éclairés. Puis leurs lumières s'éteignent comme au ralenti, le musicien arrive dans l'obscurité et le silence. Pendant de longues minutes, il est debout, penché sur son instrument, triture les cordes, les caresse au son d'un léger écoulement d'eau mêlé à un chant voisin de celui des grillons. Ceci pour vous donner une idée de l'ambiance. Nous sommes prévenus, la soirée s'annonce magnifique et apaisante. Ryuichi Sakamoto est un pianiste délicat, léger qui plaque une succession d'accords doux et enchanteurs. Les oreilles attentives comprennent vite le pourquoi du deuxième piano : le jumeau invisible du musicien a pris place en face de lui et le jeu des quatre mains peut commencer sur un titre mais s'intensifiera dans la deuxième partie du concert. Explication : cet autre instrument est un piano mécanique très habilement utilisé par l'homme aux cheveux grisonnants. Deux pianistes en un pour des titres superbes. Grand admirateur de Debussy, on comprend aisément qu'il se soit lancé avec succès dans les musiques de films : une quinzaine à ce jour avec également « Le dernier empereur », « Talons aiguilles », « Babel » ou « Little Buddha ». Lors du rappel, Sakamoto n'a pu s'empêcher de provoquer des frissons en jouant le thème de « Furyo » : « Merry Christmas Mr. Lawrence » : magique.



SNOOP DOGG
25 novembre - Elysée-Montmartre (Paris)
« Malice N Wonderland » (Hostile/EMI)

J'étais arrivé très tranquillement vers 21h45 en pensant me fondre dans une ambiance de folie. Que nenni ! La première partie venait de se terminer et le public attendait sagement l'arrivée de la Star. La sono enchaînait morceau sur morceau avec quelques sifflets et cris à chaque titre mais toujours pas de Snoop à l'horizon. Le monsieur s'est pointé en ayant fait attendre son public environ quarante-cinq minutes, loin de ses records. Mais le show a eu lieu ! Aussitôt une nuée de portables se sont allumés. Ambiance habituelle des concerts de rap mais là, le public est bon enfant et plutôt sage. Précisons tout de même que le prix des places (60 €) a du en calmer plus d'un. A plusieurs reprises, Calvin Broadus dit Snoop Dogg demande à l'assistance si quelqu'un a une guitare sur lui !?! Il ne joue que ses anciens titres qui donnent des démangeaisons à la foule. Les articles promettant de venir découvrir le nouvel album « Malice N Wonderland » (non disponible à la date du concert) ont tout faux puisque le rappeur ne jouera à la toute fin qu'un seul nouveau titre qui n'était même pas le single. Vous aurez compris que cette soirée pliée en une heure ne fut pas inoubliable.
LE PRIX UNIQUE DU LIVRE
30 novembre - Librairie Le Comptoir des Mots (Paris)
www.lemotif.fr

Le Motif est une association récente qui se veut l'Observatoire du livre et de l'écrit en Ile-de-France. Actif sur plusieurs fronts liés à l'édition, cet organisme se propose d'aider les professionnels en créant débats, rencontres, lectures, études et bien d'autres choses encore. L'une de leurs grandes initiatives de cette fin d'année est de rappeler à tous une loi que beaucoup ont eu tendance à zapper : le prix unique du livre obtenu le 10 août 1981. Aidé par le Syndicat de la Librairie Française (SLF), Le Motif mène bataille dans le but de promouvoir et d'expliquer cette loi trop régulièrement mise à mal. Pour ce faire, une conférence de presse avait été organisée le 30 novembre dans la libraire Le Comptoir des Mots près de la place Gambetta. Une trentaine de personnes étaient présentes pour écouter de bon matin (10h30) Yves Frémion (Président du Motif), Guillaume Husson, (délégué général de la SLF) et Vincent Monadé (Directeur du Motif). L'idée géniale : inciter les libraires franciliens à apposer un bandeau rouge « Prix unique » sur leurs livres comme il est de coutume pour les prix littéraires de façon à sensibiliser le public afin notamment que celui-ci soit incité à converser avec son libraire par exemple. Le prix unique est censé être appliqué partout, en grande surface comme dans son quartier ou sur le net logiquement... On aura bien compris que cette démarche du Motif ne devrait pas s'arrêter à la région Ile-de-France.
DAN'S DE ZOO
Expo Revisitations à La Barrique
7, rue Beaurepaire - 7510 Paris
(jusqu'au 8 janvier)

J'ai rencontré Dan's fin 89 début 90 via un ami commun. A l'époque il travaillait encore à la BNP jusqu'à la libération : la retraite ! Depuis, nous ne nous sommes plus quittés. J'ignore le nombre de fois où je l'ai sollicité pour accrocher son œuvre dans toutes sortes de manifestations musicales auxquelles je participais. Trois de ses toiles étaient visibles le 15 septembre 1990 sur la scène de l'Olympia pour un hommage à un jeune guitariste gaucher de Seattle disparu vingt ans plus tôt que nous vénérons tous les deux. Dan's est un artiste passionné de rock qui a choisi depuis longtemps la technique du pochoir pour s'exprimer. Aucun support ne lui résiste. A chaque fois qu'il m'est possible, j'assiste à ses vernissages comme le dernier rue Beaurepaire où cette fois, il détourne de célèbres tableaux. Il semble depuis peu que les plaques en alu aient sa préférence. Mais Dan's adore s'éclater sur des T-shirts, voitures, motos, murs, disques, tout est bon pour qu'il laisse son empreinte artistique peuplée de personnages mythiques : Indiens, écrivains, acteurs, musiciens, tous des icônes...Sa devise : « tous ceux que j'aime...en pochoir ». Il ne fait pas de grands discours mais peint ce qu'il a à dire et n'hésite pas à dénoncer le pouvoir, l'oppression, l'injustice. Je vous invite donc à admirer le travail de ce personnage attachant, souriant, extrêmement généreux et sympathique. Autant que les choses soient dites !
AVATAR
Un film de James Cameron
Sortie le 16 décembre

Peut-on faire mieux que « Titanic » en terme d'entrées ? Près de 2 milliards de dollars de recettes mondiales ! Telle est peut-être la question posée au réalisateur du film qui a réuni en 1997 Leonardo Di Caprio et Kate Winslet. Cela voudrait-il dire qu'il serait le seul capable de faire plus fort ? Toujours est-il que la Twentieth Century Fox lui a donné un budget jamais atteint pour réaliser le film de ses rêves. James Cameron pense à ce projet depuis quinze ans. Il a fallu qu'il patiente jusqu'à ce que la technologie soit à même de concrétiser ce qu'il avait exactement en tête. Vendredi 11 décembre nous étions plus de deux cents conviés à découvrir le film en projection de presse. Comme de coutume pour ce genre de production, hôtesses et agents de sécurité nous avaient gentiment invité à déposer toute notre artillerie (portable, appareil photo, caméras) avec détecteur de fouille électronique (pour ceux qui auraient omis quelque chose dans leurs poches). En échange : de belles lunettes 3D pour une superbe immersion féérique de deux heures quarante. La suite fut magistrale, grandiose et sublime. L'histoire est simple : nous sommes en 2154 sur la planète Pandora où vivent des créatures appelées Na'vis. Les méchants veulent récupérer coûte que coûte un précieux minerai rarissime, l'Unobtanium. Pour ce faire, ils envoient un des leurs (notre héros) qui aura pour délicate mission de se faire accepter au sein des Na'vis tout en transmettant des informations précises à ses supérieurs, quitte bien entendu à trahir au final ceux qui l'accueillent, du moins c'était le but initial. Je ne me suis pas étendu sur le scénario car là n'est pas l'originalité : gros clin d'œil à « Danse avec les loups », une pensée pour « la guerre des étoiles ». Les « Na'vis » ont tout des Indiens (jusque dans leur dialecte) défendant leur terre contre les envahisseurs américains. La prouesse du film réside avant tout dans les innovations techniques époustouflantes rendues possibles par la puissance des ordinateurs utilisés. Grâce au réalisme des images, le spectateur est véritablement plongé au cœur de Pandora. Les personnages extra-terrestres sont réels, ce monde est réel. Difficile de décrire par les mots les sensations provoquées par la vision du film en 3-D (impératif je précise). Mon article est déjà bien trop long. Je pourrais encore en écrire des pages. Précipitez-vous, parents, enfants, grands-parents, c'est l'évènement cinématographique de ce début de siècle !


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