
| [B] Mouchy |
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| [A] Daniel Clarke |
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Un témoignage graphique
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Parce qu' « en Amérique, on dit toujours son âge », Mouchy commence notre entretien en nous révélant naturellement ses 77 ans et en insistant sur sa chance, celle, tout à fait fantastique, d'avoir vécu la dernière époque des dessinateurs de mode qui s'est terminée dans les années 80. C'est aujourd'hui un métier qui n'existe plus, remplacé par la photo.  Pendant 35 ans, Mouchy travaille en tant qu'illustratrice de mode, mots eux-mêmes surannés, remplacés à tord par « croquis ». Confusion qui la met en colère : « on confond les croquis et l'illustration. L'un est un jeté d'idées, ça n'a rien à voir avec l'illustration à partir d'un modèle existant. Le croquis se situe au départ, l'illustration à l'arrivée. L'authenticité de ce métier s'est perdue. Depuis le XIXe siècle, le dessin ou la gravure ont été le seul moyen de montrer la mode au monde. A l'époque on laissait la place aux peintres et les photos étaient beaucoup moins intéressantes que le dessin ». Mouchy sort quelques exemplaires de revues anciennes, feuillets de l'élégance féminine de 1925 à 1935, à l'époque où tout était encore dessiné, parfois même peint, comme le démontrent les superbes couvertures des Vogue. « Le dernier grand illustrateur de mode c'était Gruau. On me demandait de le copier quand j'ai commencé à travailler mais j'ai dis pas question ! » En 1956, Mouchy arrive en France, à Paris, capitale de la mode où le dessin, déjà, était mal valorisé. C'est pour cette raison qu'elle décide de s'envoler aux Etats-Unis. Là-bas « on était a commercial artiste et on pouvait gagner beaucoup d'argent en travaillant avec des gens très pertinent ». C'est donc à New-York que Mouchy apprend son métier. Elle y travaille en freelance pour Vogue, Mademoiselle, Revlon ou Dupont de Nemours... et revient à Paris en 1964. Parce qu'elle arrive des Etats-Unis, elle est considérée comme une star et rejoint ELLE, Marie-Claire, Le Jardin des Modes, GAP - journal professionnel - Queen Mag en Angleterre et Harper's Bazaar en Italie : « c'était ma meilleure époque. Le dessin était encore bien vivant ». Le trait de ses illustration, net et précis révèle le mouvement élégant des mannequins, le tombé d'une étoffe, le graphisme d'un imprimé, avec la grâce toujours singulière d'un regard qu'on devine vif et unique. La signature de Mouchy c'est ce trait dont on sent l'instantanéité et la justesse.
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« Ecoutez ma petite, ne dessinez jamais rien de tête, toujours d'après nature, même un nœud. Ton trait doit vivre, exprimer une émotion. » Ce conseil de René Gruau en 1958, vient confirmer le désir et la conviction de Mouchy : la mode doit se faire de cette façon, le regard aiguisé ! Mouchy, envoyée par les rédactrices de mode chez Givenchy, Saint Laurent, Dior..., se rend sur place avec son calepin pour dessiner des modèles couture choisis par un magazine et spécialement porté pour elle par un ravissant mannequin : « il posait pour moi le temps qu'il me fallait. En 65, chez Saint-Laurent, le mannequin portant le fameux premier smoking, n'a pas posé plus de 15 mn ». C'est la belle époque des salons de couture, des mannequins cabine, de la mode discrète et divinement raffinée. « Plus tard, dans les années 80-90, quand je travaillais pour les Textiles Suisses, je devais capter le mannequin défilant à toute allure sur le podium, étant de surcroît très mal placée. »
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 Cette étroite collaboration entre elle, les rédactrices de modes et les directeurs artistiques devait se terminer à la fin des années 80 où la photo prend toute la place dans les pages des magazines. Le dessinateur devient accessoire. Mouchy refuse de griffonner un soutien gorge ou une paire de lunettes en bas de page mais sait coudre, faire des patrons et connaît bien la mode : « je suis devenue styliste et conseillère pour des bureaux de style comme le Secrétariat International de la Laine. Je participais avec de grands stylistes à des réunions de brainstorming pour déterminer les futures tendances que j'illustrais ensuite ».
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Puis le Japon l'appelle. Au moment où ce pays voulait s'inspirer de l'Europe, Mouchy crée une ligne de sportswear sous son nom puis est engagée chez Hanae Mori International où pendant 10 ans elle dessine ses créations : « J'étais une source d'inspiration pour un créateur qui à un nom : des bijoux, des chaussures, des accessoires... j'étais créatrice sous un chapeau ! » Le Japon l'influence malgré tout dans son travail personnel qu'elle n'a jamais lâché. Elle capture sous son trait, libre de toutes contraintes si ce n'est celle de reproduire le vivant qui est devant elle, des hommes, des femmes, des corps et des chats dont elle a la passion : « je trouvais le dessin pur toujours plus important que la mode ».
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Cet amour du dessin remonte loin, à l'époque où Mouchy n'avait que 8 ou 9 ans : « le don et l'envie de dessiner étaient déjà là : ma mère était furieuse, je coupais des rideaux en morceaux, je cousais avec sa machine pour bricoler des costumes et faire des spectacles dans le jardin ». Sur ce terrain fertile l'arrivée des américains après la guerre, en 1944, est une véritable renaissance pour Mouchy qui découvre le Jazz, les voitures couleurs sorbets et les milk shakes... mais surtout les magazines, Vogue, Harper's Bazaar, que les américains installés dans la maison familiale pendant plusieurs années, lui rapportent : « c'est vraiment le déclic qui m'a branché à la mode, la beauté des magazines. Je les ai tous gardés. Je devais avoir 16, 17 ans. C'était mon bonheur. J'ai découvert Avedon, Irving Penn... C'est grâce aux américains que j'ai pu les voir. Je les amenais à l'école et on les feuilletait religieusement en classe ».
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| [A] Daniel Clarke |
Texte Fanny LASSERRE Portraits Gisèle DIDI |
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Fanny Lasserre01/02/2012
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Marie Masuyer01/02/2012
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Fanny Lasserre et Thierry Vasseur14/10/2011
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Marie Masuyer12/06/2011
 | Les routes d'Elodie Lachaud sont envoûtantes et multiculturelles. Sur fond de balade solitaire, chacun s'y retrouve, entend son histoire, passe d'un monde à un autre sans jamais se perdre complètement. |
Fanny Lasserre12/06/2011
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