
| [B] Benjamin Capdevielle, Projet 313 |
 |
| [A] Colbert Nourrice |
|
Un artiste Pop, c'est indéniable. Benjamin Capdevielle le revendique : « Lichtenstein, c'est la base de mon influence », et il n'hésite pas à dire qu'il est ancré dans les années 70. Comics, mangas et séries télé à la frontière du réel l'embarquent dans un autre monde peuplé par Donald, Iron Man et par de supers héroïnes fantastiques que des créatures monstrueuses capturent.
Il n'est pas d'ici, Benjamin Capdevielle, il vient d'ailleurs. Ce qui donne à sa peinture un mélange détonant : le trait de la bande dessinée, ligne claire parfaite, noire sur blanc, des aplats de couleurs franches et partout l'irruption du surnaturel. Malgré une absence de reliefs, les personnages sont rendus dynamiques par le découpage des toiles en deux ou trois morceaux à l'instar du vignettage de la BD et d'un cadrage inspiré par sa formation photographique. Diptyques, triptyques apportent une profondeur structurante et nous projettent immédiatement dans l'action, au cœur d'un univers doté d'une énergie stupéfiante.
|
 |
|
Autodidacte, Benjamin Capdevielle, né en 1977, est un tout jeune artiste qui commence comme photographe malgré une vocation de dessinateur : « ma mère m'appelait ripolin car je peignais tous le temps, avec de la peinture de chez Castorama ». Adolescent il commence donc en décorant sa chambre et se met à peindre en 1998. Mais poussé par la nécessité de gagner sa vie, il se consacre à la photo et sort diplomé de MJM-Art School à Paris.
|
 |
|
Quelques années plus tard, l'exposition de Murakami à la fondation Cartier réactive son désir de reprendre ses pinceaux. Les myriades d'yeux colorés de l'artiste japonais, l'iconographie des mangas qu'il connaît bien pour les avoir reçus comme cadeaux de la part de visiteurs nippons qui venaient chez lui lorsqu'il était enfant, le projettent à nouveau dans cet univers qu'il a déjà fait sien. Il se met à découper tout ce qu'il a, sa collection, comme des numéros originaux de The Micronauts à Doc Strange, qu'il chine et colle sur la toile. Morceaux de BD, publicités, petites annonces : « je veux mélanger tout ce qu'il se passait à ce moment-là ». Cela devient le fond sur lequel il va peindre et qui offre une deuxième lecture qui révèle parfois des images érotiques à peine visible au premier coup d'œil. Un second degré dont Benjamin n'est jamais très loin. Amusé par le sérieux déjanté de Donald, il s'agace de la perfection gentillette de Mickey et s'entiche des extra-terrestres qui pourraient être à l'origine de notre humanité.
Passion, déraison, théorie fumeuse, Benjamin Capdevielle rigole mais écoute, se passionne, cherche à comprendre d'où nous venons et en illustre la problématique. Ce qui donne aujourd'hui à sa peinture une orientation tout à fait énigmatique et personnelle. Tout commence par une recherche sur les plus anciennes calligraphies. L'écriture cunéiforme des Sumériens, anciens Babyloniens, retient son attention. Il découvre la théorie de l'auteur Zecharia Sitchin et l'existence supposée des Annunakis venus de la planète Nibiru, qui, par manipulation génétique, auraient créé l'homo sapiens. Hypothèse relayée, mais aussi largement controversée, par nombre d'archéologues et de linguistes ayant examiné les textes gravés de la civilisation sumérienne, elle-même porteuse de nombreuses questions. Si Benjamin Capdevielle garde raison face à ces extraordinaires spéculations, il n'en demeure pas moins fasciné et trouve matière à travailler.
Nouvelle inspiration pour cet artiste déjà fin prêt à entrer dans un monde de science-fiction, bercé par des films de séries B des années 50 : « La femme de 50 pieds », « La planète interdite », « Robot Monster »... Les scénarii bidon, les trucages grossiers et les typos des affiches qui les accompagnent composent un monde qui lui parle et porte son œuvre en devenir du comic strip vers l'espace intersidéral. « Je n'invente rien, je me sers du passé », dit-il, mais aussi de l'avenir, d'un lendemain qui n'existe pas encore, toute une vie devant lui. Pour l'heure, c'est le projet 313 qui l'occupe. Après plusieurs expositions collectives et participations à des foires d'art contemporain, voici venu le temps de sa première exposition personnelle.
|
 |
|
313, c'est le numéro de plaque de Donald ! 313, c'est le nombre de toiles que va réaliser Benjamin Capdevielle sur les quatre prochaines années. Si la plupart seront de petite taille et fonctionneront par séries ou individuellement toutes numérotées, il existera quelques grands formats, notamment la 000/313. Vaste et ambitieux projet qui devrait ravir les collectionneurs. Nous retrouvons dans chacune d'elles un petit morceau de son fantastique univers : Mickey déstructuré, Donald au volant de la Scrutto, le champignon magique de Mario Bros, le joypad de Space Invaders, la console Atari, un monde vous dis-je que « les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître » mais dont chacun saura pourtant reconnaître les codes.
|
 |
|
Je laisse Benjamin à son travail, minutieux comme une horloge suisse, il peaufine le trait noir d'une soucoupe volante sur fond sonore d'un documentaire avec dans la tête l'envie sourde de tendre vers l'abstraction et la matière, un big bang attendu dans une carrière qui décolle au quart de tour vers les étoiles.
|
|
|
| [A] Colbert Nourrice |
| Reportage Fanny LASSERRE |
|
|
| | |
|
Fanny Lasserre01/02/2012
 | L'atelier de Li-ling Lin, rue de l'Hirondelle, à l'angle de la rue Gît-le-Cœur, porte déjà en son sein, au rez-de-chaussée d'un hôtel que François 1er a estampillé de sa salamandre en l'honneur de sa maîtresse Anne de Pisseleu, les prémices de l'œuvre cachée et intime d'une artiste peintre discrète. |
Marie Masuyer01/02/2012
 | Dans cet Est parisien où de nombreux artistes plasticiens ont trouvé la lumière et l'espace nécessaires à leur travail, nous rejoignons Xavier Wei (initialement Wei Chenhong), peintre taïwanais et français de coeur depuis 1991. Discret, incarnant au premier abord une réserve toute asiatique, Xavier parle une langue métissée mais qu'on dirait dédiée à son art : précis et perfectionniste. |
Fanny Lasserre et Thierry Vasseur14/10/2011
 | Le Cri de Edvard Munch arrache à Julie Perin un cri du cœur: « Je dis à maman à 12 ans : quand je serai grande, je serai artiste. » Une vocation précoce qui l'anime encore d'une force et d'une capacité de travail impressionnante, accompagnée d'un raisonnement profond et continuel sur le corps, sur cet instant qui perdure où la petite fille devient une femme, objet de fascination et d'interrogations qui viennent depuis nourrir son œuvre. |
Marie Masuyer12/06/2011
 | Les routes d'Elodie Lachaud sont envoûtantes et multiculturelles. Sur fond de balade solitaire, chacun s'y retrouve, entend son histoire, passe d'un monde à un autre sans jamais se perdre complètement. |
Fanny Lasserre12/06/2011
 | Sur les hauteurs de Clamart, Mïrka Lugosi nous attend. De loin, nous l'apercevons, grande, mince, délicieusement rétro. Excessivement simple et complexe, nous rencontrons une femme douce dont la réflexion pointue nous plonge dans un univers sensible et sensuel. |
|
|
| | |
|
|
|
|