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Par Yazid Manou le 01/04/2010 | Réagir | Envoyer | Imprimer
Carte blanche à Yazid Manou



SON OF DAVE
12 mars. Café de la danse (Paris)
Album « Shake A Bone » (Kartel/Naïve)

Sur la scène, un musicien canadien en pyjama avec une robe de chambre, une chaise, des pédales d'effets et une mallette remplie d'harmonicas. Benjamin Dave assure tout seul le spectacle. A priori c'est du blues, très basique et rudimentaire mais l'efficacité est là. Rescapé du groupe folk Crash Test Dummies, l'homme-orchestre ne manque pas d'humour et a la blague facile avant chaque titre. Le public s'est demandé ce qu'il allait bien pouvoir faire quand il s'est levé et a choisi un garçon et une fille pour les inclure dans son spectacle. Sur le côté de la scène se trouvaient une table et deux chaises. Une fois installés, certains ont dû regretter de ne pas avoir été pris car les veinards avaient à leur disposition boisson et nourriture. Mais rapidement Benjamin Dave a mis le jeune homme à contribution et ce dernier a dû se plier aux injonctions de l'artiste et battre la mesure avec baguettes et autres ustensiles tout le reste de la soirée ! Son of Dave est un original et une bonne surprise.
LES RENCONTRES PHOTOGRAPHIQUES D'ARLES
25 mars. Ministère de la Culture et de la Communication (Paris)

Tout le gratin de la presse photo avait été convié dans la somptueuse salle des Maréchaux du ministère de la Culture pour la grande conférence de presse des Rencontres d'Arles qui se dérouleront du 3 juillet au 19 septembre sous le générique « Du lourd et du piquant ». C'est dans ce même endroit aux lustres dorés que sont remises les médailles des Arts et des Lettres et autres récompenses. Au micro, quatre intervenants : Frédéric Mitterrand le ministre, Hervé Schiavetti le maire d'Arles (vice-président du conseil général des Bouches-du-Rhône), François Hébel le directeur de la manifestation et Jean-Noël Jeanneney le tout nouveau président des Rencontres d'Arles qui succède à François Barré. Soixante expositions seront proposées au public pour cette quarante et unième édition déclinée en six « promenades » : la célébration du bicentenaire de l'Argentine avec le plasticien Leon Ferrari en invité d'honneur - le passage de l'argentique au numérique - La fondation Luma - l'univers des prisons - la collection exceptionnelle des photographies du cinéaste Marin Karmitz - le rock avec trois expositions : la première rétrospective photographique autorisée par Mick Jagger sur toute sa carrière, « I'm a cliché, écho de l'esthétique punk » présentée par Emma Lavigne (ex Madame Rock à la Cité de la Musique avec les expos sur Hendrix, Lennon et Pink Floyd, maintenant au Centre Pompidou) et enfin l'anniversaire des quarante années de photos du célèbre Claude Gassian. C'est bien évidemment pour cet aspect rock que je fus convié à la conférence. Mais il faut bien l'avouer, à part Jean-Marie Périer et Gassian, je n'ai point vu d'autres frimousses rock aux alentours. Espérons que cette « promenade musicale » attirera un public connaisseur dans le sud cet été.

JEAN-MICHEL JARRE
25 mars - Palais Omnisport de Bercy (Paris)

Enfin Jean-Michel Jarre s'est décidé à se (re)produire dans des salles à dimensions humaines ! Bercy affichait complet pour voir de près le magicien des synthétiseurs, créateur du tube planétaire « Oxygène » en 1976. On nous avait expressément demandé d'être là pour 20h. Sagement assis (configuration 12000 personnes), nous avons patiemment attendu dans un silence de cathédrale au son d'une musique électro plutôt zen. Toujours rien pendant trente minutes puis soudain, une voix annonce vingt minutes d'entracte !!? On a d'abord cru à une erreur technique, eh bien non ! Nous avons bien eu droit à un entracte avant la première note live. Je n'avais jamais vu cela ! Finalement vers 20h50, Jean-Michel Jarre fit son entrée suivi de ses trois musiciens derrière leurs immenses claviers sur une scène plutôt dépouillée. Le show dura deux heures, ponctué de « merci », de belles animations vidéos, d'un superjeu d'éclairages avec rayons laser transperçant le palais omnisport, avec un artiste toujours étonnamment jeune courant des deux côtés de la scène pour enjoindre le public à frapper dans ses mains. Ambiance agréable pour celui qui reste encore le musicien français le plus connu à l'étranger.

TOMMY EMMANUEL
28 mars - La Cigale (Paris)

Certains le considèrent comme le meilleur guitariste du monde. Ce musicien australien vivant aux USA joue uniquement sur des guitares acoustiques (la marque Maton pour les spécialistes). Il faut l'avoir vu au moins une fois pour comprendre de quoi est capable cet extraordinaire virtuose. Je ne manque jamais ses venues à Paris. Avant on le voyait au New Morning. Après au moins cinq ou six passages dans le club de jazz, il s'est produit pour la première fois à la Cigale (avec Jean-Félix Lalanne assurant sa première partie). On reste ébahi par sa dextérité, sa maîtrise du son. A cela s'ajoute son grand sens du spectacle car il est seul sur scène et connaît tous les trucs pour divertir le public. Tommy Emmanuel sait tout jouer : rock, jazz, blues, country... La technique qu'il a perfectionnée au plus haut point est celle du finger-picking (jeu au doigt) rendu célèbre par ses illustres aînés qu'il cite systématiquement : son maître Chet Atkins, son ami Marcel Dadi ou Merle Travis. Allez faire un tour sur YouTube et vous comprendrez immédiatement le phénomène et l'engouement suscité par ses prestations. Cherchez entre autres le morceau « Guitar Boogie » que tous attendent avec son medley sur les Beatles. Chez lui, la guitare devient également un terrain d'expérimentation sonore incroyable qu'il utilise comme un instrument de percussion où toutes les parties résonnent dans les amplis. Tommy Emmanuel, il faut le voir pour le croire !


YOUSSOU NDOUR : I BRING WHAT I LOVE
Un documentaire d'Elizabeth Chai Vasarhelyi - Sortie le 14 avril

Un film tout à la gloire de Youssou NDour. La réalisatrice ne l'a pas lâché pendant deux ans en se faufilant partout : chez lui à Dakar avec sa famille (la grand-mère, sa maman, son père, ses enfants, frère, sœur...), en tournée d'abord avec son groupe Le Super Etoile, dans toute l'Europe, ensuite, et c'est la partie centrale du documentaire, avec l'Orchestre du Caire pour le fameux album « Egypt » où l'on assiste à la genèse du projet, sa réalisation, la polémique provoquée dans son pays le Sénégal et la consécration américaine avec enfin l'obtention du Grammy Award pour cet album au départ controversé puisqu'il mettait l'islam en musique : sacrilège pour certains. « I Bring What I Love » est un grand hommage à l'une des plus grandes voix d'Afrique, certainement la plus célèbre. Trente ans de carrière. Youssou est adulé par son peuple et rencontre le succès partout où il se produit. Le Roi du Mbalax s'exprime énormément dans ce documentaire sincère qui est une vraie réussite. Il devrait rendre jaloux plus d'une vedette mais c'est amplement mérité quand on connaît le parcours et les actions militantes de cet immense musicien qui n'a jamais quitté son Sénégal.


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