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Par Yazid Manou le 24/01/2011 | Réagir | Envoyer | Imprimer
Carte blanche à Yazid Manou
© Yazid ManouTHE PIRATES OF NEPTUNE
6 décembre - Théâtre Le Splendid (Paris)


Smartistic est une toute nouvelle agence événementielle qui elle aussi voudrait faire bouger les Parisiens en leur proposant plusieurs actions le même soir : concerts, spectacles, animations, expos par exemple. Leur première s'est déroulée au Splendid qu'on ne présente plus. Pour le jour de relâche de Baffie et Jérôme Commandeur, deux groupes se sont produits : Spice Kidz, plutôt pop et le trio The Pirates of Neptune. Ce sont ces derniers qui ont retenu toute mon attention. Emmenés par le guitariste-chanteur Max Moynot, ils ont délivré une belle prestation toute empreinte des sonorités hendrixiennes mais sans tomber dans le copié-collé traditionnel. La majorité des titres étaient des compositions chantées en anglais. Difficile de croire qu'ils ne jouaient ensemble que depuis trois mois. Beaux clins d'œil au « Maître » avec « Villanova Junction Blues » et la reprise de « Sergeant Pepper ». Coup de chapeau pour le surprenant « Foxy Lady » déclamé en français ! Ces p'tits gars doivent impérativement poursuivre dans cette voie.
LOVE ET AUTRES DROGUES
Film de Edward Zwick
avec Jake Gyllenhall et Anne Hathaway
Sortie le 29 décembre

Un titre étrange (le même en anglais), une affiche trompeuse à mon sens donnant l'image d'une comédie légère qui passerait inaperçue dans le flot des sorties. En réalité, le film raconte une forte histoire d'amour. Un beau commercial, Jamie Randall, séducteur incorrigible, sévit dans le secteur pharmaceutique et ne recule devant aucune secrétaire médicale pour proposer ses antidépresseurs aux médecins. Au cours de ses visites professionnelles, il tombe sur une ravissante artiste, Maggie Murdock, qui semble sérieusement dépendante des médicaments. Ce qui au départ ressemble à une simple séduction très charnelle s'achemine progressivement vers une bien plus sérieuse et accrocheuse relation entre les deux personnages. Le tout sur fond de bataille en vue de décrocher des contrats commerciaux pour une population de plus en plus droguée aux médocs. Le scénario original provenant d'un roman sur l'ascension d'un commercial vendant du Viagra, nous sommes au tout début du lancement du produit miracle par les laboratoires Pfizer, soit la fin des années 1990. Au-delà de l'excitation provoquée par l'arrivée du Viagra, c'est l'intensité de la relation entre les deux héros qui est parfaitement décrite. Un film original et touchant qui traite du rapport aux personnes face à une maladie implacable, Parkinson.
JEAN-MARC MORMECK
2 décembre - La Halle Carpentier (Paris)


« A poings nommés »
Jean-Marc Mormeck (éditions Calmann-Lévy)

On peut ne pas s'intéresser du tout à la boxe et avoir entendu parler du Français Jean-Marc Mormeck, ancien Champion du monde des lourds-légers et surtout détenteur en 2005 des doubles ceintures WBA et WBC devenant de ce fait le plus grand boxeur français de tous les temps puisqu'aucun autre n'a jamais possédé deux ceintures. A l'époque d'Alphonse Halimi (1957), il n'y avait encore qu'une seule fédération, maintenant on s'y perd ! Aujourd'hui, notre champion français a délaissé la catégorie lourds-légers pour grimper chez les lourds, avant, on le lui souhaite, une retraite bien méritée car il aura 39 ans en juin 2011. Avant cela, son but ultime, pari fou et audacieux : avoir une revanche contre l'Anglais David Haye qui lui a ravi ses deux ceintures en novembre 2007 et s'est par la suite emparé de la couronne de Champion du monde des lourds WBA. Le 2 décembre dernier, J2M (98 kgs) affrontait le géant Ouzbek (101 kgs), Timur Ibragimov, pour une demi-finale mondiale. Le combat qui ira à son terme (12 rounds) ne fut guère intéressant car l'adversaire n'a pas arrêté de l'enlacer systématiquement, ce qui devenait très agaçant et provoquait l'énervement et les sifflets du public. Mais Jean-Marc qui n'a pas volé sa victoire aura été bien plus combatif, touchant plusieurs fois Ibragimov. Une boxe intelligente pour un décompte des points en sa faveur. Le chemin qui mène à David Haye est encore loin et il est probable qu'il faille encore à Jean-Marc un autre combat avant la grande rencontre événementielle, un Championnat du monde des lourds pour un Français, du jamais vu !
KEITH RICHARDS
Life (éditions Robert Laffont)

Chronique à l'attention de ceux (peu nombreux !) qui hésitent à se procurer l'autobiographie du guitariste des Stones. Après Bill Wyman et Ron Wood, c'est donc Keith Richards qui a décidé de fouiller au fin fond de sa mémoire. Bien aidé par son ami James Fox qui a, paraît-il, vérifié tous les dires de l'auteur en retrouvant les témoins. C'est aussi lui qui a donc écrit cette bio dans la voix de Richards. Le résultat est sidérant, passionnant (stupéfiant aussi bien entendu) et parfois incroyable. Quelle vie ! Les fans endurcis n'apprennent pas grand-chose mais pour tous les autres dont je fais partie c'est un régal. Tout au long de ces près de six cent cinquante pages, nous plongeons avec délices dans l'univers du musicien d'abord enfant puis ado, adulte, père et grand-père. Keith Richards se dévoile comme jamais et parle très crûment et sincèrement. Rien ne nous est épargné sur sa longue déchéance avec l'héroïne. Il est d'ailleurs assez surprenant qu'il arrive à se rappeler avec précision de si nombreux faits quand on sait dans quel état il a longtemps été...Mais la liste des remerciements montre que beaucoup ont été sollicités. Sa vision sur l'origine du groupe diffère grandement de ce qu'on a pu lire partout ailleurs notamment sur le rôle de Brian Jones qu'il ne porte pas beaucoup dans son cœur. Mais qui d'autre que lui peut mieux juger ? Le pauvre Brian est effacé au profit du pianiste Ian Stewart. Succulent ! Même s'il faut garder quelques réserves, certaines histoires sont à prendre avec des pincettes (car Richards a souvent la partie bonne), je conseille sans hésiter cet ouvrage qui se dévore d'une traite. Un des grands moments du livre correspond à toutes les parties où le guitariste se confie sur Sir Mick Jagger. Reste à savoir si un jour ce dernier prendra le même chemin. Je vous rassure, la réponse est non !


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