
| La science est une belle chose... |  | Et si pour une fois, nous nous amusions ? Mais sur des bases scientifiques strictes ! La science est une belle chose passionnante, certes, on espère que tout au long de ces derniers mois la rubrique Big Bang l'aura prouvé, alors faisons un break. La science peut être aussi une mine de sketches. Pour les lignes qui suivent, laissez au vestiaire, cher lecteur, tout esprit de sérieux ! | En retard au rendez-vous...
La science est une belle chose... Un peu compliquée peut-être... J'en parlais à mon ami physicien, il me dit : « tu sais, au début, toute nouvelle théorie est compliquée, on est dix dans le monde à la comprendre. Et puis, petit à petit, ça descend, ça descend, ça devient de plus en plus simple et ça se répand jusque dans le public le plus élargi, jusque dans la masse... »
Je lui demande un exemple. Il me dit : « tu vois, la théorie de la relativité restreinte continue de se répandre. Oh, il y a bien encore des poches de résistances. Tout le monde n'a pas vraiment admis que le temps n'est plus un absolu, qu'il est par exemple ralenti par la force de gravitation. Le temps s'écoule plus vite en haut de la tour Eiffel que sur les quais de la Seine. L'avance de l'horloge en altitude est très faible mais réelle. »
La science est une belle chose. Je regarde ma montre... Nom de Dieu ! J'ai rendez-vous en haut de la Tour Montparnasse. Je cours, je vole, je me précipite vers mon client déjà installé au restaurant et je me confonds en excuses : « Désolé de vous avoir fait attendre, monsieur Bontemps, je suis en retard d'un milliardième de seconde, mais vous savez, en bas, place du 18 juin, le temps est plus lent. » « Ce n'est pas grave, sauf que le filet de bœuf va être trop cuit et que votre retard sera retenu sur vos prestations. » Mon retard ? Le comptable qui va calculer la retenue, comment va-t-il faire ? Il n'y a pas à ma connaissance de milliardième ni même de millionième de centime d'euro ? Déjà qu'on a suffisamment de pièces jaunes... Vous imaginez David Douillet livrant à Madame Chirac des sacs de pièces de millionièmes d'euros ?
La science est une belle chose...
Aventure relativiste dans le train
Mais c'est vrai que la théorie de la relativité restreinte, on en sait tous quelque chose, n'est-ce pas ? Tout le monde sait qu'on ne peut pas dépasser la vitesse de la lumière. Tout le monde sait maintenant que les lois physiques sont les mêmes dans un référentiel au repos et dans un référentiel qui se meut d'un mouvement rectiligne uniforme, de telle sorte qu'il est impossible de distinguer le référentiel au repos de ce référentiel en mouvement. Allez, faites pas cette tête, je vais vous expliquer c'est très simple, c'est descendu dans la masse, si, si !
Et j'explique à mon voisin de compartiment, qui ne m'a d'ailleurs rien demandé : - « Si le train à quai à côté de nous démarre, cher monsieur, eh bien pendant quelques instants, vous êtes perdu, vous pouvez imaginer que c'est plutôt le nôtre qui vient de démarrer. Vous ne pouvez pas choisir une option plutôt qu'une autre. Raison pour laquelle, quand deux trains de banlieue voie contre voie roulent tout près l'un de l'autre à même vitesse dans la même direction, vous avez l'impression d'être arrêté. - Ben vrai, ça, j'ai l'impression d'être arrêté parce que pendant des kilomètres je vois par la vitre la même tête de con en face de moi dans l'autre train. - Conclusion, cher monsieur : un train au repos est parfaitement interchangeable avec un train en mouvement, à condition que le mouvement soit uniforme et rectiligne. Il y a permanence des lois par changement de référentiel. - Alors là vous m'en direz tant, c'est quoi ce charabia ? - Monsieur, pour ce charabia comme vous dites, Einstein a eu le prix Nobel. - Ah ben mon colon, Inschtin a eu le prix Chantal Nobel pour quelque chose que je sais depuis que j'ai arrêté de pisser dans mes couches ? Voyez-vous ça ! - Vous n'avez pas généralisé, monsieur. Seuls les esprits supérieurs généralisent et tirent des lois théoriques à partir du quotidien. Il vous manquait le concept de référentiel. Mon voisin s'échauffe. - M'est avis que vous me traitez de con, sous vos airs référencés. (Il brandit son poing) Je vais vous faire passer d'un référentiel SNCF en mouvement à un référentiel CHU au repos, vous verrez peut-être la différence !
La science est une belle chose. |  | Un flop ou un bide ?
L'autre jour, mon ami physicien me dit : « avec le LHC, l'accélérateur de particules de Genève, on aura trop de données informatiques pour les traiter nous-mêmes. On va donc sous-traiter en les envoyant dans des centres de calculs un peu partout dans le monde. Juge donc : 15 pétaoctets annuels, ou, si tu préfères, 120 pétabits d'informations par an. »
Péta ? Vous avez dit péta ? Oui, 10 puissance 15, un million de milliards. Je vous demande un peu : qu'est-ce qui est passé par la tête du congrès mondial des unités de mesure pour qu'il choisisse de baptiser 10 puissance15 avec le préfixe « péta »? Si l'on songe que le flop désigne l'unité d'instruction en virgule flottante dans les calculs informatiques, alors vous imaginez... Un dîner mondain... « Et vous cher Monsieur, qu'avez-vous fait aujourd'hui ? » - « Moi ? J'ai fait un pétaflop. » - « Oh... euh, oui... intéressant... ça fait beaucoup de bruit ? Hi hi hi... Ça sent mauvais ?... Hi hi hi. »
Mon voisin de droite, un comédien, me tire par la manche : « Pour nous artistes et gens du spectacle, ça peut sentir mauvais si l'on songe que le flop est l'unité de mesure du bide. Prenez mes spectacles : supposez qu'on y rie en moyenne trente fois... je suis modeste. Supposez que chaque heure qui passe, dix Français me regardent, tous médias et spectacles live confondus. Conclusion : chaque année, la France retentit de 2 millions six cent vingt-huit mille rires saluant mon génie. Maintenant supposez - simple supposition - que je ne fasse rire personne pendant un an : si le préfixe méga désigne le million, comme chacun sait, j'aurai obtenu un peu plus de deux mégaflops et demi. Si trente flops égalent un bide, la conversion donne 87600 bides. Même pas 10 puissance5. On est loin du pétabide... hum... On est bien peu de choses. Et la science est une bien belle chose...
Les choses ne sont plus ce qu'elles étaient
A propos de chose, vous savez qu'elles n'existent plus ? Mon ami physicien me dit : « Pour comprendre quelque chose à la physique quantique, il faut que tu abandonnes tes vieilles conceptions newtoniennes et cartésiennes de la matière. La matière, pour nous physiciens contemporains, n'a pas d'étendue, pas de solidité, pas de localisation, aucune des propriétés qu'on lui prête depuis toujours.» Je brandis mon poing et vise soigneusement son nez pour lui prouver que la matière a de l'étendue, de la localisation, mais peut-être effectivement pas beaucoup de solidité, quand il me dit : « Ah non je t'arrête. Je parle de l'infiniment petit. » Je marmonne : - Mais encore ? - Eh bien mon vieux... - Je ne suis pas vieux. - Eh bien mon jeune ami, au niveau particulaire, la matière n'est plus ponctuelle. Elle n'est plus du tout « ici et maintenant ». La place ou la vitesse d'un électron ne peut pas être définie précisément, elle est l'objet d'un calcul statistique. Il y a probabilité que l'électron soit dans telle ou telle zone de l'espace. Il n'est réellement localisé qu'au moment de la mesure effectuée sur lui. - Allons bon ! Et pourquoi moi je suis ici et maintenant, face à ta tête de... - Mon cher, le passage du micro au macro-monde est fort délicat à comprendre. Disons qu'à partir d'un certain nombre d'atomes - et tu en es constitué de milliards - l'ensemble macro-atomique agit comme un « observateur » de la réalité et la « mesure ». Ce faisant, il fait s'effondrer la fonction d'ondes, comme dirait Schrödinger, c'est-à-dire fait s'effondrer la fonction statistique. - Je ne me sens pas du tout effondré ! - Et pourtant, d'une certaine manière, si : en existant avec tes milliards d'atomes agglomérés et interdépendants, tu réduis tous les possibles à un seul, toi ! - Si je te comprends bien, je suis le résultat d'un effondrement statistique pour lequel plus rien d'autre n'est possible que ma gueule ? L'existence est décidément d'une folle gaîté ! - Il ne t'est plus possible par exemple d'être à la fois ici et ailleurs. - Ah, parce que pour une particule c'est possible ? - Dans certaines conditions, oui ! - Merde, qu'est-ce qu'on a perdu à grossir ! Quand je pense que sous forme de particule, je pourrais être à la fois ici à t'écouter et ailleurs pour une partie... - Je t'arrête. Une particule n'est jamais grossière. La particule, c'est l'aristocratie de la matière. - C'est peut-être pour ça qu'on vient de la pendre à la théorie des cordes ? - Euh... vois-tu, la physique aujourd'hui... se cherche encore. - En d'autres termes, on n'est pas sorti de l'auberge ? - Tu as raison : allons déjeuner...
La science est vraiment une belle chose.
Histoire de web... très courte.
C'est un fou du web. Il a voulu se faire internet. Il a réussi. Il s'est fait interner. | Texte Jean-Pierre MAUREL Photo Gisèle DIDI |
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Jean-Pierre Maurel24/03/2012
 | L'eau devient, inexorablement, l'un des prochains problèmes de l'humanité, peut-être le premier facteur de troubles, de guerres et de déplacement de populations. Pourtant, au moment où le sixième Forum Mondial de l'Eau, à Marseille, évoque le problème et ses solutions, c'est l'eau comme corps physique que nous évoquerons, l'eau si banale et si répandue sur Terre. |
Jean-Pierre Maurel01/02/2012
 | Ce dernier mois, a commencé un véritable suspense au CERN, dans les laboratoires du grand accélérateur de particules. On aurait trouvé des traces de l'existence du boson de Higgs. De quoi s'agit-il ? |
Jean-Pierre Maurel14/10/2011
 | Ceux qui sont un peu au fait de la physique contemporaine auront sans doute bondi de leurchaise lorsqu'ils ont entendu, il y a quelques jours, aux informations, l'annonce que des physiciens avaient constaté un dépassement de la vitesse de la lumière par des particulesbaptisées neutrinos. |
Jean-Pierre Maurel12/06/2011
 | Le bruit... Le son... C'est d'abord ce qu'entend l'oreille humaine. On le sait depuis un certain temps, l'oreille humaine est un instrument extraordinairement sensible et précis, à divers titres plus que l'œil ! Les Anciens ne l'ignoraient point qui mettaient l'audition en tête des sens. |
Jean-Pierre Maurel24/01/2011
 | Il ne s'agit pas de justifier le nom de la chronique scientifique de Sub Yu ! mais de parler de cette photo de l'univers qui a été présentée il y a quelques jours dans tous les journaux télé : une sorte de ballon de rugby moucheté de milliers de points diversement colorés. De quoi s'agit-il ? |
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