
| Géraldine Gonzalez |
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Une fée parmi les hommes
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Géraldine Gonzalez nous reçoit dans un appartement/atelier blanc, peuplé de créatures belles et étincelantes. Le soleil à l'extérieur n'entame en rien la transparence lumineuse des méduses en cristal suspendues, des squelettes de poissons et de reptiles iridescents dont les facettes ou la poudre pailletée qui les recouvrent renvoient dans l'espace un éclat féerique. Aujourd'hui Géraldine Gonzalez travaille sur des dizaines d'abeilles en cristal qui viendront parer la nouvelle boutique Guerlain qui ouvrira ses portes cet été à Tokyo. Cet univers tout droit sorti d'une imagination féconde et rêveuse a déjà séduit bon nombre de maisons comme Kenzo, Hermès, Van Cleef et Arpels qui ont fait appel à cette créatrice pour ajouter du merveilleux au merveilleux. Géraldine Gonzalez sculpte ses arbres lumineux, aime les chats et les chouettes, travaille la fragilité et la transparence avant tout, pour rendre à la nature ce qu'on lui doit, notre sol, celui qui nous porte et nous apporte la vie. Merveilleux...
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Comment vous définiriez-vous ?Je ne sais jamais vraiment. Je ne fabrique pas des objets à vocation utilitaire. Je me sens plus sculpteur. J'ai une conception de la sculpture qui est assez ouverte. D'où vient ce désir de représenter la nature avant tout ? Ce qui m'inspire c'est l'idée du rêve. C'est comme si je me rêvais un univers, une histoire. Et tout ce qui est en rapport avec une nature un peu fantastique ou étrange comme dans les contes à la fois enchanteurs mais qui peuvent faire peur, devient la source de mon inspiration. Je me sens comme reliée avec la nature. Vous rendez cette nature féerique par le matériau que vous utilisez et par son traitement...Oui, par exemple un arbre comme celui-ci, (tout en cristal, ndlr) j'ai l'impression qu'on l'a sorti de la glace, qu'il a été cristallisé au sens propre. J'aime que les armatures disparaissent, qu'elles soient complètement recouvertes de perles comme un travail de broderie. Ça ressemble à une croûte de glace, comme si on l'avait sorti du fond de l'eau ou d'une grotte, quelque chose qui se serait cristallisé avec le temps et qui aurait gardé une empreinte. J'aime l'idée de la trace et les objets lumineux aussi car ce sont comme des apparitions, une idée fantomatique.
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D'où la récurrence des squelettes d'animaux ?
Parfois quand je regarde quelqu'un j'imagine son squelette ! Je ne vois pas du tout la mort. Quand on fait de la sculpture, on est toujours obligé de penser à l'armature avant : à ce qui va porter, comment ça va se maintenir... c'est la base. C'est aussi la trace... ça a une réelle importance, c'est ce qui fait qu'on tient debout.
Avez-vous des influences cinématographiques ou littéraires qui vous ont portés vers cet univers ?
J'ai cet univers en moi mais je trouve aussi des choses qui me parlent comme Le songe d'une nuit d'été de Shakespeare. J'aime des choses étranges et inquiétantes comme les films de David Lynch et de Tim Burton, ce qui est décalé.
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Quel a été votre parcours ?
J'ai fait les Arts Appliqués à Duperré. J'ai toujours fait de la sculpture, quelquefois des décors de théâtre, de l'illustration en volume, et j'ai été styliste de chaussures. Puis j'ai travaillé avec le papier cristal qui est un papier avec lequel j'ai grandi : ma mère est une artiste qui travaillait avec des pastels et ce papier protégeait ses dessins. Le bruit de ce papier était toujours là et j'adorais voir les dessins à travers. Ce papier a toujours été familier, je me suis mise à faire des choses avec et surtout ça m'a permis de faire des objets grands, légers... j'aime l'idée de la légèreté.
Ensuite j'ai gagné un concours de jeunes créateurs pour le salon Maison et Objet. Le stand qui m'a été offert à cette occasion a permis des rencontres et des développements. J'ai pu montrer mon travail.
Comment se passe la réalisation d'un objet ?
Je fais un dessin au trait très léger et je fais toujours une maquette en volume.
Vous avez également travaillé certaines sculptures autour du corps tels des corsets, des gants, des chaussures...
C'est encore une histoire d'empreinte, comme si il y avait un corps invisible dedans.
L'expo que j'ai faite au Japon était un peu comme le vestiaire d'une femme. Il y avait pas mal d'accessoires féminins, comme s'il restait quelque chose après le départ d'une personne. Quant à la chaussure, c'est quelque chose qui me suit. C'est aussi ce qui nous porte. J'ai fait des chaussures en papier. Chaque chaussure pour moi parle d'une femme différente.
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On pense à la pantoufle de vair ! On en revient encore au conte...Et pourtant je ne me sens pas du tout dans l'esprit niais du conte. Ça parle tellement de la vie et c'est souvent très dur. C'est ce qui m'intéresse. Parlons des couleurs, il y en a peu, beaucoup de blanc, de noir et de rouge ?Je ne m'en lasse pas, ça ne m'écœure pas. S'il commence à y avoir des couleurs partout, j'étouffe. Le blanc est calme. Trop de couleurs ne vont pas me laisser la place pour rêver et penser à autre chose. J'aime l'idée que tout est possible comme la page blanche qu'il reste à écrire. Si les couleurs sont là, je me sens en prison. Vos matériaux sont le cristal, le papier, l'armature en fer... Oui car il y a l'idée d'un croquis en volume, du trait de crayon qui se lève de la feuille et qui prend vie, notamment dans les squelettes. J'aime l'idée de matière iridescente, la nacre aussi, la poudre de nacre... et la transparence surtout. Y a-t-il d'autres matériaux que vous aimeriez travailler ? Je rêve de faire des installations un peu fantastiques. J'aimerais quand même pouvoir faire des choses en bronze mais très fines, comme un trait de crayon. Que le bronze ne soit plus une masse pleine et lourde. Le rendre léger et aérien. Et retravailler la porcelaine, faire du modelage. Je n'aime pas travailler des matériaux toxiques, ça ne me met pas en joie.
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| Reportage Fanny LASSERRE et Gisèle DIDI |
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Fanny Lasserre01/02/2012
 | Rencontre avec un homme passionné qui réenchante monuments historiques et demeures particulières de ses lumières précieuses que le cristal de roche réfléchit aux quatre coins du monde à travers rééditions et créations merveilleuses, « intemporelles » comme il aime à le dire, plus que contemporaines. |
Marie Masuyer14/10/2011
 | Des accents nordiques sonnent déjà au doux nom de la créatrice... Hanna Wallmark est suédoise. Rien de bien évocateur au premier abord quand on parle bijoux, et pourtant, la petite marque lancée en France il y a quatre ans, est aujourd'hui distribuée dans près de 400 boutiques, y compris à l'étranger. |
Fanny Lasserre12/06/2011
 | Si « qui ne dit mot consent », Nicolas Flachot n'est pas un taiseux et parle avec beaucoup d'enthousiasme et de chaleur de sa passion presque nouvelle - l'histoire à plein temps n'a que deux ans - pour les lettres qui assemblées prennent sens et donnent aux mots naissance. |
Fanny Lasserre21/03/2011
 | Lorsque du mobilier scandinave côtoie une table Knoll et un tapis de Max Ernst, le tout éclairé par une lampe PH5 Poul Henningsen, il est fort probable d'être en présence de l'univers de Juliette Aittouarès qui n'aime rien tant que recréer dans sa galerie des espaces de vies en associant des designers et des époques, des couleurs et des matériaux. |
Fanny Lasserre et Gisèle Didi24/01/2011
 | Place Charles Dullin, il y a le théâtre de l'Atelier et une petite boutique de chapeaux merveilleux. En son sein, Mira Belle, qui a donné son pseudo fruité à sa boutique, nous reçoit, pleine d'enthousiasme, plaçant sur nos têtes comme sur la sienne des bibis plumés, des turbans écossais, des tambourins brodés, des canotiers fleuris, des cloches feutrées, la tête nous en tourne de nous trouver ainsi parées par tant de formes et de couleurs. |
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