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Par Fanny Lasserre le 21/03/2011 | Réagir | Envoyer | Imprimer
Juliette Aittouarès-Caillon - Espaces 54 Design d'intérieur 1950-70 

Lorsque du mobilier scandinave côtoie une table Knoll et un tapis de Max Ernst, le tout éclairé par une lampe PH5 Poul Henningsen, il est fort probable d'être en présence de l'univers de Juliette Aittouarès qui n'aime rien tant que recréer dans sa galerie des espaces de vies en associant des designers et des époques, des couleurs et des matériaux. Spécialisée dans le design des années 50 à 70, Juliette Aittouarès est non seulement une professionnelle qui se passionne pour le mobilier authentique de ces années-là, mais aussi une talentueuse scénographe qui met en scène ses meubles et s'amuse de leur éternelle modernité qui permet toutes les audaces. « C'est bien de bousculer les choses et de faire des mélanges entre les designers, les matières et les styles. »



Un mélange des genres, un vintage dynamique.
Tout a commencé par une histoire de famille. Forte d'une formation de restauratrice de tableaux, entre autres, Juliette Aittouarès commence à travailler avec ses parents, marchands de dessins, de tableaux et de gravures de la fin du XIXe, début XXe. C'était rue de la Grange-Batelière, au moment de l'ouverture de Drouot en 1982 : « Un moment d'effervescence, j'étais tous les jours à la salle et ça m'a permis de voir plein de choses. » Puis sa vie de femme mariée favorise la rencontre d'architectes, d'artistes tels Jean-Pierre Raynaud, César... tandis qu'elle-même, vivant dans une maison d'architecte achète beaucoup de mobilier sans pour autant laisser tomber la peinture, avec une prédilection pour les surréalistes et les cubistes : « j'évoluais dans ce milieu et ce sont toutes ces rencontres qui ont fait que ça m'a intéressé. »
 
Depuis trois ans et demi rive gauche, elle demeure à quelques encablures des galeries familiales. Père, mère et sœur se partagent entre la rue des Beaux-arts et la rue de Seine, où se confrontent modernes et contemporains, peintures, dessins, sculptures, photographies et vidéos. Une de ses sœurs continue de travailler rue de la Grange-Batelière dans le quartier Drouot.


Parmi les objets qu'elle affectionne, Juliette Aittouarès nous cite le fauteuil Charles et Ray Eames qui réussit selon elle à associer le beau, le design et le confort : « La forme est belle, c'est un vrai travail et une vraie recherche », et le fauteuil Eero Arnio, symbole des années 60. « Ce qui est très important dans ce que je fais, c'est que ce doit être quelque chose de pratique dont on a besoin, un mobilier fonctionnel de vie, que ce soit beau mais aussi vintage. Ça doit avoir une vie. Même s'il y a une petite usure, ce n'est pas gênant. Et puis il y a aussi la nostalgie ! »

Chez Juliette Aittouarès, malgré ou grâce à tout le respect et l'admiration qu'elle a pour ces créateurs, nous avons le droit de toucher, de caresser les objets et les meubles, de sentir cette patine qui est la marque du temps et de l'histoire de chaque pièce. Juliette désacralise l'objet, le rend à la vie.
 Mais Juliette Aittouarès doit néanmoins trouver sa propre voie. C'est vers le design et l'esthétique industrielle qu'elle se tourne et qu'elle devient plus récemment co-organisateur de Photo Saint-Germain-des-Prés. La première édition qui a eu lieu en novembre 2010, lui offre l'opportunité d'associer photos et design et de réorganiser son espace en donnant sa place à chacune de ses pièces comme aux photos, avec cohérence afin de raconter une histoire autour d'un thème « Saint-Germain - Gainsbourg/ les femmes ». Une mise en scène narrative qui offre au visiteur comme à l'acheteur un petit plus qui ne tient qu'à son talent et à sa fantaisie.

Aujourd'hui, l'orientation de Juliette est de créer des événements liant mobilier et photographie par des univers thématiques lors de soirées-événements (Exposition « Nous deux », avec un duo de chants à l'occasion de la Saint-Valentin, Exposition « Jazz 54 », avec orchestre de jazz...) .
 
Evénements à venir :

Mars 2011, « Attraction », deux univers créatifs distincts dans un monde design.
Photos de Gisèle Didi, Thierry Vasseur, DIVA.

Mai 2011, « Design-up », à l'occasion de l'exposition du photographe Thierry Vasseur,
entre pin-up et robots, spectacle d'effeuillage.










Espaces 54

54 rue Mazarine
75006 Paris

Du mardi au samedi de 14h à 19h

www.espaces54.com
Texte Fanny LASSERRE
Photos Julien PEPY, Thierry VASSEUR


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