
28h en Radjani Express : « that's Mother India » ! |
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Le Radjani Express reliant Mumbai et New-Delhi, est le service qui assure un voyage confortable et un trajet rapide. Le postulat est tangible : avec ses 62 300 km de rails, le système ferroviaire intérieur indien est deuxième dans le monde. Si ce n'est qu'en Inde, le tangible, ça n'existe pas. Tout dépend de l'humeur de « Mother India » et la façon dont elle décide d'étirer le temps de trajet d'un point à un autre.
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« That's Mother India », c'est l'expression fétiche employée par les Indiens pour s'en remettre au destin lorsqu'ils se retrouvent confrontés à une situation inattendue qui échappe à tout contrôle. Rien n'est prévisible en Inde et on l'apprend très vite au bout de quelques jours assortis de leur lot d'écueils. De même, un voyage de nuit censé initialement être de 15h, peut durer plus de 28h pour cause de brouillard qui paralyse tout un réseau.
Le train couchette figure d'emblée un espace qui implique une vie en micro-société dont les règles et les codes s'imposent d'eux-mêmes.
Par sa configuration – six couchettes par compartiment répartis en deux lits superposés – vous êtes, de fait, littéralement condamnés à échanger avec vos voisins les repas comme les boissons. Il faut fixer implicitement à quel moment on se couche et on se lève, où planquer ses chaussures pour libérer le couloir... C'est une organisation typiquement indienne, à l'image de la vie familiale où tout se déroule sereinement dans un chaos ambiant.
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Si, à l'aube, après 12 heures de trajet, tout le monde semblait encore être dans l'optique de faire un voyage rapide et fonctionnel, les aléas du temps ont donné une autre dimension au voyage.
Le temps est élastique en Inde et représente en quelque sorte le concentré même de la nature indienne. La configuration de notre espace évolue au fil du voyage et fédère en un tout, cultures et règles devenues à géométrie variable. La promiscuité devient alors communautaire. Les questions fusent et les échanges vont bon train dans le wagon qui s'anime avec bruit. Personne ne revient sur ses habitudes de vie et d'hygiène, une file d'attente se forme pour se laver les dents ; puis arrive le déjeuner avec au menu : riz pullav (sauté aux épices avec des petits pois), dal (curry de lentilles), paneer masala (délicieux fromage indien), parantha (pain indien au beurre) et curd (yaourt sucré).
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L'un lance des prévisions hasardeuses qu'il tient « pour dit » du staff sur l'heure d'arrivée et les causes de ce retard. L'autre occupe avec des jeux l'enfant turbulent de sa voisine épuisée.
Simultanément, quelques membres d'une famille de Jaipur discutent avec un Afghan, du nom de Khan, producteur de fruits secs à l'allure de grizzly, qui a abandonné son vol pour Kaboul, pendant qu'un jeune ingénieur aéronautique avec une tête de môme nous parle des conditions de vol difficiles sur les longs courriers.
La magie opère. Sur le Radjani Express les règles ont évolué. Les cigarettes se grillent dans les couloirs alors que des fanfarons se risquent sur les voies noyées dans le brouillard, pour compter le nombre de trains qui bloquent notre progression ou acheter un cornet de cacahuètes grillées.
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 Le temps est suspendu. Khan s'asperge de parfum dont les effluves sucrés m'écoeurent et provoquent un rictus que je transforme comme je peux, en sourire de politesse jeté en sa direction. Malencontreusement encouragé par mes fausses politesses, l'homme me bénit de la fragrance dont il annonce, facétieux, le nom : Chastety (chasteté) ! Il est trop tard pour pester, le train repart. Les deux heures qui ont précédé notre arrivée en gare de New-Delhi étaient, à mon sens, les plus interminables du trajet. Pour nos compagnons de voyage, un simple espace à occuper sans peur de perdre le lendemain. That's Mother India.
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« L'homme ne sera jamais totalement détendu tant qu'il sera mortel » W. Allen
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Récit Chloë LUISETTI Photos Chloë LUISETTI et Dev GUPTA |
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Fanny Lasserre24/03/2012
 | 200 kilomètres au nord du cercle polaire ! Un songe, presque un fantasme que cette situation géographique qui vous propulse directement sur une terre d'aventures pour qui a nourri son imaginaire des récits d'explorateurs tels ceux de Paul-Emile Victor qui ont bercé mon enfance. |
Fanny Lasserre et Gisèle Didi01/02/2012
 | Dernière partie
Le chantier est toujours là, brut, mais en phase finale. Quelques plafonds de couleurs ponctuent les étages, quelques installations de bois habillent et apportent une présence végétale sinueuse, comme organique. |
Fanny Lasserre et Gisèle Didi14/10/2011
 | Troisième visite sur le chantier du futur Hôtel O. Le printemps est venu et l'armature de l'immeuble nous livre toujours sa brutalité, béton et poutres d'acier se disputant l'espace intérieur. La poussière s'accumule dans l'escalier dont les marches de guingois obligent le visiteur à accorder son pas à une vieille histoire. |
Fanny Lasserre et Gisèle Didi12/06/2011
 | Troisième visite sur le chantier du futur Hôtel O. Le printemps est venu et l'armature de l'immeuble nous livre toujours sa brutalité, béton et poutres d'acier se disputant l'espace intérieur. La poussière s'accumule dans l'escalier dont les marches de guingois obligent le visiteur à accorder son pas à une vieille histoire. |
Fanny Lasserre et Gisèle Didi21/03/2011
 | Trois mois plus tard, qu'est devenu le futur hôtel O ?
Toujours en devenir, toujours sous une poussière blanche et grise qui s'évapore sous nos pas, talc abrasif des ponceuses qui polissent, lissent les murs et les sols. |
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