
| L'hôtel O, l'Odyssée d'un chantier |  | Partie 3 | Troisième visite sur le chantier du futur Hôtel O. Le printemps est venu et l'armature de l'immeuble nous livre toujours sa brutalité, béton et poutres d'acier se disputant l'espace intérieur. La poussière s'accumule dans l'escalier dont les marches de guingois obligent le visiteur à accorder son pas à une vieille histoire. Les murs ne sont toujours pas décidés à se mettre d'accord pour faire une pièce au carré, obligeant les hommes à redresser la barre et à doubler les cloisons d'un placage rectiligne. Les tuyaux ont pris place, ils nous désignent l'endroit où l'eau chaude et l'eau froide auront droit de cité. On devine un peu mieux la place qu'aura chaque chose, où les lits dans leur cocon de bois offriront leur repos. Nous apprenons que quatre matériaux seront utilisés : le bois, le Corian, le feutre et le verre. Un univers végétal, utopique et futuriste que le designer Ora Ïto a toujours soin de garder secret mais dont nous devinons les contours. Des couleurs survitaminées, des ruches de verres, des courbes... Aucun angle droit ne viendra rompre l'harmonie sensuelle d'un lieu attendu qui, comme une petite forêt, prend lentement racine dans l'asphalte parisien. |  | Portrait de Christophe Sauvage - Directeur Général Elegancia hôtels
- Comment avez vous débuté dans l'hôtellerie ?
J'ai commencé en 1982. J'étais jeune diplômé et j'ai expérimenté tous les emplois de base de l'hôtellerie. J'étais passionné par ce métier et j'ai gravité dans différents services et hôtels. Je suis parti aux Antilles pour faire l'ouverture d'un hôtel à Saint Martin. A mon retour, je suis entré dans le groupe Accor où j'ai fait du commercial. En 1994, j'ai rencontré Philippe Vaurs, jeune hôtelier aveyronnais (voir Sub Yu n°17) et ensemble nous avons décidé de monter une centrale de réservations hôtelières «Elysées West Hotels». C'est comme ça que notre aventure a débuté. Notre but, assez rapidement, était de pouvoir faire l'acquisition d'hôtels. | - Quel était le premier hôtel ?C'était un hôtel en dépôt de bilan qui s'appelait l'hôtel Mon Rêve dans le 15e. Nous avons repris la dette sans moyen de rénovation spectaculaire. S'en est suivi un deuxième, un troisième et un quatrième pour lesquels nous mettions en avant notre savoir-faire, la commercialisation et la communication avec les clients. Nous les avons revendus et en 2004, nous avons eu l'opportunité d'avoir un hôtel avec un potentiel. Là nous avons fait une rénovation complète. Ce n'était pas encore un concept novateur mais nous nous sommes fait plaisir. C'était L'Eiffel Seine qui a très bien marché (revendu en 2008). Puis j'ai trouvé un hôtel rue Flatters dans le 5e. Nous en avons fait Le Five. L'immeuble est minuscule donc soit nous raisonnions en hôtellerie normale soit nous travaillions à fond un concept nouveau, original. Ainsi est né le Five qui nous a propulsé dans l'univers des hôtels boutiques et design. - Comment naît un projet hôtelier comme les vôtres ? Nous avons attiré vers nous des investisseurs grâce à ces premières expériences et avons réfléchi à de nouvelles idées avec une intention : faire vivre aux clients des expériences, leur faire ressentir des émotions et leur faire partager autre chose qu'une simple expérience hôtelière. Il y a eu le Hidden, parti-pris nature pour cet hôtel situé à côté de l'Arc de Triomphe puis le Seven pour lequel nous avons voulu faire travailler différents créateurs pour les suites. A chaque fois, c'est une rencontre. Il y a une alchimie qui se crée. | - Quel moment préférez-vous dans la conception et le suivi d'un projet ?Quand c'est terminé ! Et découvrir le regard étonné, des clients et amis lorsqu'ils viennent. Sur un chantier, pendant des mois on ne voit que des câbles, du béton et tout d'un coup, en l'espace de quelques semaines, la déco arrive, on réalise enfin que tout ce que nous avons imaginé, prend forme. Et c'est là où c'est assez jubilatoire même si ça nécessite des remises en question, des ajustements... un hôtel c'est comme un enfantement. - Pour l'instant uniquement des hôtels parisiens, avez vous des projets ailleurs ? Nous avons un projet à Lyon. Mais cette fois il s'agirait d'une construction. - Comment navigue-t-on sur tous ces projets à la fois ? (Ouverture prochaine du Crayon et de l'Hôtel O dans le 1er, du Légende dans le 6e, de l'extension du Hidden dans le 17e...)Il faut avoir le don d'ubiquité ! Nous avons la chance de travailler avec des gens formidables. Nous sommes une petite équipe mais très motivée. www.elegancia-hotels.com |  |  | | Reportage Fanny LASSERRE et Gisèle DIDI |
|
|
| | |
|
Fanny Lasserre24/03/2012
 | 200 kilomètres au nord du cercle polaire ! Un songe, presque un fantasme que cette situation géographique qui vous propulse directement sur une terre d'aventures pour qui a nourri son imaginaire des récits d'explorateurs tels ceux de Paul-Emile Victor qui ont bercé mon enfance. |
Fanny Lasserre et Gisèle Didi01/02/2012
 | Dernière partie
Le chantier est toujours là, brut, mais en phase finale. Quelques plafonds de couleurs ponctuent les étages, quelques installations de bois habillent et apportent une présence végétale sinueuse, comme organique. |
Fanny Lasserre et Gisèle Didi14/10/2011
 | Troisième visite sur le chantier du futur Hôtel O. Le printemps est venu et l'armature de l'immeuble nous livre toujours sa brutalité, béton et poutres d'acier se disputant l'espace intérieur. La poussière s'accumule dans l'escalier dont les marches de guingois obligent le visiteur à accorder son pas à une vieille histoire. |
Fanny Lasserre et Gisèle Didi21/03/2011
 | Trois mois plus tard, qu'est devenu le futur hôtel O ?
Toujours en devenir, toujours sous une poussière blanche et grise qui s'évapore sous nos pas, talc abrasif des ponceuses qui polissent, lissent les murs et les sols. |
Fanny Lasserre et Gisèle Didi24/01/2011
 | Un matin gris dans Paris, à deux pas de la Place des Victoires, nous avons rendez-vous sur un chantier. Il fait froid dehors comme dedans puisque la frontière entre les deux ne tient plus qu'à quelques murs parfois sans fenêtres. Nous gravissons les marches de l'escalier, vestige de l'ancien établissement que le groupe Elegancia Hôtels entreprend de transformer en étroite collaboration avec le designer Ora Ïto. |
|
|
| | |
|
|
|
|