
| Un souvenir enfoui |
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Il est 13h00, la journée s'étire, le calme et la chaleur accompagnent ce début d'après-midi. C'est un dimanche prometteur, bientôt les grandes vacances pointent leur nez.
A la maison, mon père est parti faire la sieste comme à son habitude, ma mère quant à elle finit de débarrasser la table.
Moi j'ai tout juste 10 ans et je veux aller jouer dans la cour, en bas de l'immeuble où nous habitons.
Avec l'accord de ma mère, je descends donc jouer toute seule, ma sœur est bien trop grande pour partager mes jeux et je n'ai pas d'amies aux alentours avec qui partager ce moment. Mais peu importe j'ai envie de sauter à l'élastique, jeu en vogue dans ces années-là, et bien que seule j'ai trouvé la parade, j'attache les élastiques autour de canalisations et en avant les défis, dans un seul objectif, celui d'être imbattable, une fois dans la cour de récréation.
Une fois mon installation en place, je commence mon « entraînement », concentrée, m'essayant à des figures que j'imagine originales.
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Un homme s'approche, je le connais vaguement car il effectue depuis quelques semaines des travaux dans un des immeubles donnant sur la cour. Il s'arrête à mon niveau, m'observe, sans dire un mot. Je m'applique, donne encore plus d'élan à mes sauts. Pour une fois qu'un adulte s'intéresse à mes « prouesses » ! Il reste là un long moment, sans bouger, puis enfin m'encourage et me congratule. Il s'exprime dans un français approximatif, roulant quelque peu les r, peut-être est-il espagnol ? Mais toute à mon implication je n'attache pas une grande importance à sa présence.
Au bout d'un certain temps il me propose, maintenant qu'il a passé un long moment à observer mon jeu, d'aller admirer les travaux qu'il est en train d'effectuer.
Pourquoi pas ? Après tout un adulte qui a la gentillesse de s'intéresser à un jeu de gamine, la politesse veut qu'on rende la pareille... Et je pars confiante à l'intérieur du bâtiment en question. Un vieil escalier, aux marches usées, et irrégulières, deux étages et nous voilà dans le fameux appartement qu'il restaure.
Pour avoir un père bricoleur qui passe la plupart de ses dimanches à rénover lui aussi un vieil appartement, j'admire son travail et poliment essaye d'être à la hauteur en lui faisant des compliments sur le travail déjà réalisé.
Je n'ai que 10 ans...
Je me trouve au milieu de la pièce quand tout à coup je sens qu'il m'enserre dans ses bras, par-derrière. Il m'emprisonne. Je suis tellement petite que ma tête arrive tout juste à son plexus. Il me fait me tourner vers lui, penche son visage et m'embrasse violemment.
Peur, dégoût, je sens sa salive, peur, dégoût.
Peur de quoi ? Je ne sais même pas quels sont les rapports entre un homme et une femme, je n'ai jamais vu mon père et ma mère s'embrasser, nous n'avons pas la télévision et je ne lis que des livres de la bibliothèque rose...
Peur, une grande et immense peur, je sens un danger que je ne connais pas mais que mes ancêtres ont imprégné dans mes sens alors même que je ne décode rien intellectuellement... Peur.
En un clin d'œil je me glisse sous l'emprise de ses bras, je pars en courant dans ces escaliers anciens aux marches irrégulières... je n'en finis pas de dégringoler ces marches, mes pieds se tordent, mais peu importe je sens à la fois confusément et précisément qu'il n'est pas temps de s'intéresser à ces douleurs, qu'une bien plus grande me guette si je ne réussis pas à m'échapper. Je cours, je cours à perdre haleine jusqu'à chez moi et grimpe les trois étages qui me séparent de l'appartement familial, mon nid, mon refuge, là où je n'avais pas conscience de ce danger que je viens de découvrir. Cet instant de mon enfance a imprimé les contours de ma vie.
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Texte REGLISSE Photos Gisèle DIDI |
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Marie Masuyer24/01/2011
 | Ankara, 1940. Le temps ne passait pas aussi vite que je l'aurais espéré. Je devenais obscur. Depuis deux mois j'avais déjà fait le tour de la ville. Ses ruines romaines, son architecture hétéroclite, ses nuits interlopes... Parce que je ne pouvais l'imaginer autrement, j'avais dédié ma vie à mon pays, dans la cavalerie d'abord, puis dans le ciel, pionnier parmi d'autres d'un espace infini qu'on avait déjà transformé en champs de bataille. |
Robila Goudjil01/12/2010
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Je ne me suis pas rendu compte de suite que je parlais toute seule. Ça devait faire un moment que ça durait. Je voyais bien que je n'étais pas la seule, j'avais croisé ce grand garçon, avec ses longues enjambées, qui en me frôlant, répétait, et alors et alors qu'est ce que ça peut faire. |
Thierry Vasseur01/09/2010
 | Ne pouvant bouger de mon lit, un pistolet m'a été remis : ce récipient devenait mon meilleur ami en me permettant de vider ma vessie à volonté. Le seul problème, c'est qu'ayant oublié depuis longtemps la loi de la mécanique des fluides, j'étais persuadé que la pression ferait ressortir l'urine pour mieux la répandre dans le lit. |
Thierry Vasseur01/07/2010
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L'histoire est pour le moins bizarre : cela commence par une banale sortie de décor qui vous projette dans toutes les acceptions du terme dans un univers inconnu bien plus dépaysant que la découverte des romans de Jules Verne. Les accidents sont toujours bêtes, donc je n'évoquerai pas les circonstances afin de ne pas leur donner trop d'importance. Toutefois le vélo, et particulièrement le VTT, ne sont pas contrairement à un animal à quatre pattes, le meilleur ami de l'homme. |
Fanny Lasserre01/05/2010
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Cette nuit-là, le ciel est tombé par la fenêtre à peine ouverte, et c'est une petite étoile jaune qui est venue s'agrafer sur mon cœur. C'est une belle histoire me direz-vous ! |
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