
| Voici la faim, mon bel ami |
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Voici la faim, mon seul ami La fin (Jim Morrison).
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J'ai rencontré JC en 2002 sur le chemin de halage à Amiens, il était à pied et en chaussons.
Son visage m'a immédiatement plu, puis nous avons sympathisé. Je flâne beaucoup dans les rues depuis des années pour mes images (l'homme et le chien - les monuments d'Amiens la nuit et le jour - les SDF, etc) et je suis un peu comme les personnages que je photographie, un vagabond qui vit entre chien et loup, on dit aussi l'heure bleue.
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Au début de notre rencontre, il me précise avoir eu peur de moi, c'est vrai que je suis nerveux, j'ai même été diagnostiqué enfant hyperactif et c'est resté. En réalité ça cachait quelque chose et il me confie avoir été agressé à plusieurs reprises par des jeunes et des plus vieux à cause de l'alcool car quand JC est saoul, il s'endort n'importe où. Et les braves gens n'aiment pas que l'on suive une autre route que Georges Brassens.
Que voulez-vous les préjugés, c'est plus difficile à faire disparaître que les atomes (Albert Einstein). Ces "salauds de pauvres" sont pourtant rentables car ils font peur et notre trouille du lendemain, surtout aujourd'hui, rend les gens productifs.
Mais il faut bien garder une ligne de conduite car dans la rue les addictions sont souvent à l'origine d'une perte d'identité. Mais il y a d'autres facteurs, j'en suis conscient. Nous sommes en 2010 et des JC il y en a de plus en plus. Alors, Nicolas, que faut-il faire pour nos frères ? Rien comme d'habitude.
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Voici une métaphore sur deux personnages que j'aimais bien ; ils étaient tous les deux barbus et habités par une force inouïe d'autodestruction :
1) le connu : Jim Morrison 2) l'inconnu : Jean-Claude 3) et entre les deux il y a la porte (The Doors)
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JC et Jim ont franchi la porte et se sont évadés de l'autre côté (chanson : Break on through to the other side) car les drogues sont un défi à l'esprit (citation) et personne ne sortira d'ici vivant (chanson : Five to one). Ni vous, ni moi.
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Voilà pour mon petit clin d'œil, j'adore les années 60.
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Résumons l'histoire de JC et JJ : JC a vécu pendant vingt ans à la charge de son frère, JJ, qui est gardien d'immeuble et a toujours pris soin de lui. JC avait renoncé par négligence et désespoir à toutes aides sociales auxquelles pourtant il avait droit.
Le destin s'acharne pour nos "pauvres" : au printemps 2001, leurs maisons ont été inondées par la Somme et comme ils étaient mal assurés, elles sont, à ce jour, complètement insalubres. Pour le plafond, il va bientôt s'écrouler car l'humidité et les rats dévorent tout.
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Pour conclure, je dirais qu'il aimait par-dessus tout, comme son frère et moi d'ailleurs, les chats et la pêche. Il nous a quittés le 23 mars 2007 à 56 ans, et repose aux indigents. Sa disparition: il est mort de froid, alcoolisé et dans sa cuisine. Moi, ce jour-là, j'ai pleuré autant que pour la mort de mon père qui lui aussi s'est enfui à 50 ans. A l'époque je rentrais de l'école, je l'ai découvert sur son lit, raide comme une saillie, blanc comme un cierge de Pâques (Jacques Brel). Mon père qui est aux cieux fumait autant que Gainsbourg (que j'adore d'ailleurs au passage) et il a été malade à cause de cette saloperie qu'est la cigarette. Il était prof de math, moi à l'époque j'avais 17 ans.
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Poème pour mon copain Jean-Claude et pour mon PèreOnt-ils trouvé un autre royaume plus sûr que celui-ci ? Où règnent encore et toujours aujourd'hui l'indifférence et la bêtise. Pourquoi se sont-ils enfuis ? Le temps qui passe ne cicatrise pas la blessure d'un parent disparu ou d'un ami. On va pas se détruire et vieillir pour rien car il est essentiel de hurler et de propager notre rage de vivre car toute notre vie nous transpirons afin d'ériger une pierre tombale, minuscule. La liberté est un leurre, un masque si étroit sur nos visages fatigués.
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Par Franck DELAUTRE, son photographe franckdelautre.canalblog.com |
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Michel Freret01/02/2012
 | Cette seconde semaine du mois de septembre 2011 avait pourtant bien commencé. Le lundi 5, un charmant couple Japonais entre deux âges était venu acquérir une magnifique Ebel Beluga Tonneau sertie de diamants très blancs et très purs, et le mercredi 7, un Brésilien à peine quadragénaire, sympathique et volubile, avait craqué pour une Vulcain « Obama », la « Montre du Président ! |
Fanny Lasserre14/10/2011
 | Une fois par semaine, je me rends dans un hôpital parisien et je revêts ma blouse qui n'est ni blanche, réservée au personnel soignant, ni bleue, réservée aux chirurgiens, mais rose fuchsia, récemment redessinée par Agatha Ruiz de la Prada. |
Michel Freret12/06/2011
 | Pourquoi cet article qui - me direz-vous - sort de mes attributions ou sujets habituels, beaucoup plus légers ou futiles ? Première raison, il y a quelques mois, une cliente est passée me voir à ma boutique parisienne. Elle s'impliquait beaucoup dans la lutte contre cette maladie, au sein d'une association qu'elle souhaitait mieux faire connaître, l'Association Répit France |
Jola Balcer et Julien Pepy21/03/2011
 | Je pars en Pologne avec mes préjugés de Français sur ce pays : le froid, la grisaille, la vodka, le fameux plombier polonais et le peu de connaissances culturelles que j'en ai : un pays de l'ancien bloc soviétique, Jean-Paul II, Chopin, Lech Walesa... |
Olivia Bonnamour24/01/2011
 | Aujourd'hui Françoise est âgée de 53 ans, elle est directrice générale d'une PME depuis quinze ans et gagne 4000€ par mois. Au travers de l'immense baie vitrée du bureau spacieux qu'elle occupe, elle contemple le paysage de la zone urbaine d'un air oisif. |
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