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Mes parents ne m'ont jamais aimée, c'est la seule certitude que j'ai avec celle d'être laide. Se peut-il que ces deux assertions aient un quelconque rapport entre elles ?
Je ne me suis jamais vraiment regardée dans un miroir. Les regards autour de moi ont suffi à me convaincre. La sage-femme puis ma mère m'ont recueillie dans un complet silence. Mon père était déjà absent et il l'est resté jusqu'à aujourd'hui. Il n'a pas quitté ma mère d'une semelle, mais il ne m'a pas vue. Il aurait pu me marcher dessus sans s'en rendre compte. J'étais moins que rien, car rien ça peut être un courant d'air qui vous apporte une odeur de sable, ça peut être juste une impression inexprimable de perfection, rien ça peut être tout et je n'étais rien du tout. La décalcomanie d'un désir.
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Je suis née un Lundi. Personne n'aime le Lundi, c'est la fin de la parenthèse. Et moi j'étais une double parenthèse, celle qui a refermé tous les possibles amoureux de mes parents, celle qui a enchaîné ma mère qui a elle-même ferré mon père. C'était fichu pour l'aventure.
Ma mère a passé sa vie devant un miroir. Moi j'étais juste derrière elle et je voyais son reflet. Elle faisait voler ses jupes, ses chaussures étaient hautes et c'est à travers le prisme de deux talons de cuir que je l'observais de bas en haut, immensément longue et déhanchée. Très tôt je me suis hissée sur mes deux jambes pour me tenir debout, essayant de m'allonger, de singer le cygne que je savais ne jamais devenir.
Lorsqu'elle se penchait vers moi, son parfum lourd comme un bouquet de roses fanées m'étourdissait et je fermais les yeux pour ne plus voir son regard scrutateur s'appauvrir de me découvrir chaque fois plus ingrate. Elle tendait sa main parfaite vers mes cheveux et d'un geste nerveux les étirait vers l'arrière, je grimaçais de douleur et elle relâchait alors ma maigre chevelure dans un soupir d'impatience. Je n'ai pas cessé de la décevoir, mais j'ai appris à vivre avec. J'apprends aujourd'hui à vivre sans son regard qui devenait désert lorsqu'il se posait sur moi, sans ses mains fines et odorantes qui se rendaient osseuses lorsqu'elles s'approchaient de ma joue, sans sa conversation oiseuse et chantante qui se faisait sévère lorsqu'elle m'adressait la parole. Chaque jour je me demande où j'ai trouvé la force de la tuer. Ce jour-là mon père m'a regardée et il m'a vue. Une minute trente d'euphorie.
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Texte Fanny LASSERRE Photos Gisèle DIDI |
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Marie Masuyer24/01/2011
 | Ankara, 1940. Le temps ne passait pas aussi vite que je l'aurais espéré. Je devenais obscur. Depuis deux mois j'avais déjà fait le tour de la ville. Ses ruines romaines, son architecture hétéroclite, ses nuits interlopes... Parce que je ne pouvais l'imaginer autrement, j'avais dédié ma vie à mon pays, dans la cavalerie d'abord, puis dans le ciel, pionnier parmi d'autres d'un espace infini qu'on avait déjà transformé en champs de bataille. |
Robila Goudjil01/12/2010
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Je ne me suis pas rendu compte de suite que je parlais toute seule. Ça devait faire un moment que ça durait. Je voyais bien que je n'étais pas la seule, j'avais croisé ce grand garçon, avec ses longues enjambées, qui en me frôlant, répétait, et alors et alors qu'est ce que ça peut faire. |
Thierry Vasseur01/09/2010
 | Ne pouvant bouger de mon lit, un pistolet m'a été remis : ce récipient devenait mon meilleur ami en me permettant de vider ma vessie à volonté. Le seul problème, c'est qu'ayant oublié depuis longtemps la loi de la mécanique des fluides, j'étais persuadé que la pression ferait ressortir l'urine pour mieux la répandre dans le lit. |
Thierry Vasseur01/07/2010
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L'histoire est pour le moins bizarre : cela commence par une banale sortie de décor qui vous projette dans toutes les acceptions du terme dans un univers inconnu bien plus dépaysant que la découverte des romans de Jules Verne. Les accidents sont toujours bêtes, donc je n'évoquerai pas les circonstances afin de ne pas leur donner trop d'importance. Toutefois le vélo, et particulièrement le VTT, ne sont pas contrairement à un animal à quatre pattes, le meilleur ami de l'homme. |
Fanny Lasserre01/05/2010
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Cette nuit-là, le ciel est tombé par la fenêtre à peine ouverte, et c'est une petite étoile jaune qui est venue s'agrafer sur mon cœur. C'est une belle histoire me direz-vous ! |
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