
| L'immeuble |
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Je ne sais pas comment je me suis retrouvée là. Cet endroit étrange et familier. Je suis devant un arbre à verrue excroissante, il est tout bosselé. Je le touche, mes mains, comme si j'avais creusé la terre, je baisse les yeux, mes pieds sont nus et en sang. Je n'ai pas mal. Un immeuble se dresse derrière l'arbre. Les racines ont éclaté le béton et forment un chemin jusqu'à la porte principale. Je marche sur les racines, c'est ma route imaginaire, je ne dois pas en descendre, je me sens petite. Six étages, j'ai compté six étages. Toutes les portes sont ouvertes. Grandes ouvertes. Des appartements semblables. Un lit immense qu'on pourrait y faire dormir et la famille du petit poucet et celle de l'ogre. Un long canapé noir en cuir. Je passe devant ces portes, je monte. Plus de six étages, c'est certain, l'escalier n'en finit plus. Je prends un long couloir car j'entends du bruit. Une femme qui n'a pas l'air surprise de me voir se bat joliment avec une paire de draps immenses d'une blancheur immaculée. Elle me regarde quand je suis sur le point de l'aider, elle fixe mes mains, je fais un tour sur moi-même cherchant un point d'eau. Elle se décale et je vois un puits. Je remonte le seau, l'eau est froide et me nettoie les mains. Je m'essuie sur mes cheveux. Quand je me retourne le lit est fait. La femme est partie. J'ai tellement envie de m'allonger. Je repars.
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Toujours ces longs couloirs. Je marche longtemps. Vision fugace. Je m'arrête. Une petite fille est là. Un saladier posé au milieu du lit. On dirait des litchis. Elle en prend un et se le passe sous l'aisselle. Rien de mieux que des couilles de poulet pour empêcher la pousse des poils. Elle a une voix douce et un regard fiévreux. Une porte claque. C'est cette porte. Je ne la vois plus. Pas de poignée. Je colle mon oreille aucun bruit. J'appelle doucement puis de plus en plus fort. Je me retrouve entourée d'une foule qui marche et essaie de me diriger vers une autre porte. J'essaie de lutter, mais je suis transportée malgré moi. La foule n'est pas hostile. Je retrouve les escaliers. Je m'assois sur une marche. Je pose mes mains blanches à côté de mes pieds rouges. Il manque une plume dans mes cheveux. Et j'éclate de rire. L'escalier sursaute. Moi avec. Je monte les marches deux par deux. Longtemps. Enfin une porte. Un long couloir. C'est le même que tout à l'heure ? Je croise encore des gens, personne n'a l'air étonné de me voir et je n'arrive plus à bien voir les visages. Il fait de plus en plus sombre ou je ne vois pas leurs faces ? Je continue. Je compte les battements de mon cœur. Il sonne dans mes pieds. Une odeur d'herbe mouillée, un pré, il y a un pré dans une des chambres ouvertes, des enfants qui cueillent des boutons-d'or et se les passent sous le menton et toi tu aimes le beurre ? Tu aimes le beurre ? Un interminable banc en bois est sous les fenêtres, au loin deux hommes sont assis et s'embrassent. Je m'approche, l'herbe me picote les pieds, je suis arrêtée par une fourmilière autour de laquelle quelques enfants sont assis en silence, observant. Quelques fourmis passent sur mes pieds, je fais attention de ne pas les écraser. J'ai bien fait en croisant quelques regards plus si enfantins. Oui j'ai bien fait. Le banc me paraît toujours aussi loin, le couple s'embrasse encore. Ils ont des barbes ? Je m'approche de la fenêtre et je suis prise de vertige. Des vagues énormes viennent se fracasser sur l'immeuble. D'autres immeubles tanguent sur une immensité d'eau. Je crois que j'ai le mal de mer, c'est possible d'avoir le mal de mer dans un immeuble ? Oui s'il vogue sur l'eau me dit une femme en passant, elle rejoint le couple d'hommes. J'essaie encore de m'approcher, mais plus je m'approche et plus ils s'éloignent. Une échelle au milieu. J'escalade, les barreaux sont vraiment très éloignés les uns des autres. Je m'arrête et regarde en bas, je suis très haut maintenant et je n'ai plus le vertige ni le mal de l'immeuble. Je vois des petits points jaunes se faire cueillir par des fourmis. Je reprends mon ascension, je suis en nage. Une énorme trappe au-dessus de moi, j'essaie de la soulever en poussant avec mes épaules. Mais ouvre-toi ouvre-toi. Et elle s'ouvre. Je prends appui sur le toit. Je suis sur le pont de l'immeuble. Le soleil se couche tapi derrière des nuages dégageant une lumière de projecteur. La lune royale, énorme, pleine, rousse sort de son sommeil.
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Texte Robila GOUDJIL Photos Gisèle DIDI |
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Sub Yu01/02/2012
 | Le peintre et son modèle... Vieille histoire. Non, pas vieille. Toujours neuve parce qu'éternelle. Le modèle arrive. « Entrez ! » Et bientôt : « Entre ! » Existe-t-il une seule autre situation où l'instant soit prolongé avec autant d'art et d'aplomb naturel vers autant d'infini ? Sub specie eternitatis, dirait le Philosophe. |
Jean-Pierre Maurel14/10/2011
 | Il y a peu, un grand (très grand) ami me tend une boîte cartonnée qu'il a découverte dans sa cave, en triant des affaires. La boîte faisait partie d'un lot de divers papiers, dans un carton venu d'ailleurs... ne cherchez pas de code de traçabilité, imaginez... un carton qui passe de main en main, de vide-grenier en marché aux puces, avec sa destination provisoirement finale entre les mains de mon ami. |
Jean-Pierre Maurel et Thierry Vasseur12/06/2011
 | Comme les mots changent ! Pour la génération dont je fais partie, le burlesque, c'était d'une part une catégorie esthétique, d'autre part, une glorieuse période du cinéma américain (Chaplin, Keaton, Harold Lloyd, Langdon, Laurel et Hardy, etc.). |
Olivia Bonnamour21/03/2011
 | Reprenant une ancienne tradition, Sub Yu a commencé avec son numéro 16 la publication en feuilleton d'une histoire d'Olivia Bonnamour, qui mêle sensualité, érotisme et mystère, tout ce qu'on aime ! Ce mois-ci, nous achevons ce récit en offrant à nos lecteurs la quatrième et dernière livraison des aventures de l'héroïne d'Olivia. |
Olivia Bonnamour24/01/2011
 | Reprenant une ancienne tradition, Sub Yu commence la publication en feuilleton d'une histoire d'Olivia Bonnamour, qui mêle sensualité, érotisme et mystère, tout ce qu'on aime ! Chaque mois, nos lecteurs trouveront la suite des aventures de l'héroïne d'Olivia. Tout commence à Paris, après une nuit étrange qui n'a laissé que des traces... |
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