
| Pied-Pied : Partie II - Le retour |  | Pipi or not pipi | Ne pouvant bouger de mon lit, un pistolet m'a été remis : ce récipient devenait mon meilleur ami en me permettant de vider ma vessie à volonté. Le seul problème, c'est qu'ayant oublié depuis longtemps la loi de la mécanique des fluides, j'étais persuadé que la pression ferait ressortir l'urine pour mieux la répandre dans le lit. J'avais été menacé de la pose d'une sonde urinaire, mais je ne sais toujours pas ce que c'est, car après d'âpres négociations j'ai fini par convaincre deux infirmières de m'accompagner à cloche-pied avec mon appareillage à la cuvette des WC, un moment qui, au bout de 48 heures, fut une vraie délivrance. Quant au reste, rien, on avait dû m'installer un sani-broyeur à l'insu de mon plein gré... à moins que la nourriture s'autodétruise par magie. Le retour chez moi a réglé cette situation. On ressort de l'hôpital avec un certain soulagement, une attente digne de celle des résultats du BAC ou du permis de conduire. Toutefois, la traversée sur un brancard à travers les différents services au milieu de la foule a valeur d'humiliation. Le retour chez soi est une véritable libération même si tout est compliqué et nécessite une préparation chronologique de chaque tâche que l'on souhaite effectuer. Le transport de liquides avec des béquilles est encore un rêve inaccessible à une époque où l'on va sur la lune. |  | Un plâtre permet de fréquenter les toilettes des premières mais aussi de gratter toute la file d'attente pour prendre un taxi. Le summum est de voir la tête des gens compatissants lors de mon passage, équipé de mes béquilles, sur le trottoir devant les terrasses de café. Ils restent éberlués quand j'ouvre les portes arrière de ma voiture à boîte automatique pour y loger mes béquilles, merci Nissan, avant d'en faire le tour à cloche-pied afin de me glisser au volant. Il y a une ambiance de caméra cachée, et chacun se regarde comme pour être sûr d'avoir bien vu la même chose. L'hôpital peut être aussi source de certaines interrogations comme cette visite de contrôle après avoir tenté d'esquiver une chute. De nouvelles radios sont faites et me sont confiées afin que je prenne rendez-vous pour les comparer. Une fois chez moi le téléphone sonne en me disant que finalement c'est bon, rien n'a bougé, plus la peine de prendre rendez-vous alors que les radios sont avec moi, les miracles existent, maintenant j'y crois à moins qu'ils fassent des doubles ? |  | L'infirmité provisoire rend les gens plus affables à votre encontre, je prends cela plus pour de l'inquiétude pour ma personne plutôt qu'une curiosité sordide qui me force à chaque fois à raconter les circonstances qui m'ont fait pousser un plâtre sur la jambe. Finalement, j'aime pas les gens surtout ces cons qui me disent « Oh tu t'es cassé la jambe » alors que je transporte depuis plus d'un mois cette surcharge pondérale qui va me niquer le bronzage. Mais je reste magnanime, répondant simplement avec malice qu'en fin de compte je me suis cassé le bras mais que j'ai été victime d'une erreur avec ce stupide entartrage de ma jambe. Enfin merci à tous ceux qui partagent ma souffrance en me racontant leurs propres accidents comme si j'en avais quelque chose à foutre, ils n'avaient qu'à faire attention ou à lire leur horoscope! Merci à ceux qui me disent que la rééducation c'est dur et long, que je souffrirai toute ma vie, que je n'aurai plus que l'os et la peau sous mon plâtre mais que le muscle revient très vite, une chance. C'est bon, laissez-moi respirer et trimballer Monsieur Pied-Pied partout sur la planète comme mon nouveau doudou à moi que j'ai. | | Receuil : Thierry VASSEUR |
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Marie Masuyer24/01/2011
 | Ankara, 1940. Le temps ne passait pas aussi vite que je l'aurais espéré. Je devenais obscur. Depuis deux mois j'avais déjà fait le tour de la ville. Ses ruines romaines, son architecture hétéroclite, ses nuits interlopes... Parce que je ne pouvais l'imaginer autrement, j'avais dédié ma vie à mon pays, dans la cavalerie d'abord, puis dans le ciel, pionnier parmi d'autres d'un espace infini qu'on avait déjà transformé en champs de bataille. |
Robila Goudjil01/12/2010
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Je ne me suis pas rendu compte de suite que je parlais toute seule. Ça devait faire un moment que ça durait. Je voyais bien que je n'étais pas la seule, j'avais croisé ce grand garçon, avec ses longues enjambées, qui en me frôlant, répétait, et alors et alors qu'est ce que ça peut faire. |
Thierry Vasseur01/07/2010
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L'histoire est pour le moins bizarre : cela commence par une banale sortie de décor qui vous projette dans toutes les acceptions du terme dans un univers inconnu bien plus dépaysant que la découverte des romans de Jules Verne. Les accidents sont toujours bêtes, donc je n'évoquerai pas les circonstances afin de ne pas leur donner trop d'importance. Toutefois le vélo, et particulièrement le VTT, ne sont pas contrairement à un animal à quatre pattes, le meilleur ami de l'homme. |
Fanny Lasserre01/05/2010
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Cette nuit-là, le ciel est tombé par la fenêtre à peine ouverte, et c'est une petite étoile jaune qui est venue s'agrafer sur mon cœur. C'est une belle histoire me direz-vous ! |
Fanny Lasserre01/04/2010
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Mes parents ne m'ont jamais aimée, c'est la seule certitude que j'ai avec celle d'être laide. Se peut-il que ces deux assertions aient un quelconque rapport entre elles ? |
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