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Par Jola Balcer et Julien Pepy le 21/03/2011 | Réagir | Envoyer | Imprimer | La vie de famille, vous connaissez ?
Pologne : froid, grisaille et vodka ? 
Je pars en Pologne avec mes préjugés de Français sur ce pays : le froid, la grisaille, la vodka, le fameux plombier polonais et le peu de connaissances culturelles que j'en ai : un pays de l'ancien bloc soviétique, Jean-Paul II, Chopin, Lech Walesa...
Et je me demande comment je vais comprendre cette langue de consonnes.
C'est avec soulagement que je suis accompagné par une autochtone bilingue.
 
Sitôt arrivés à l'aéroport Frédéric Chopin de Varsovie, nous sautons dans un taxi, direction le centre ville pour une visite, hélas, éclair. Varsovie est une ville très étendue (à peu près cinq fois Paris) aux avenues interminables et très larges.
 
Durant la guerre, la ville a été rasée à 84 %. Le vieux centre ville (Stare miasto) et le Château Royal ont dû être entièrement reconstruits. Cet immense travail de restauration fut une réussite, car le vieux Varsovie a été admis au patrimoine mondial de l'Unesco, même si l'impression de se promener dans un décor de cinéma est parfois fort présente.
 
L'histoire de la reconstruction de Varsovie se mêle à un modernisme et à un boom économique déclenchés par l'ouverture des frontières en 1989 et accélérés par l'entrée de la Pologne dans l'Union Européenne. Toutes les grandes marques de luxe et les enseignes à connotation capitaliste sont présentes. Et les fast-foods : McDo, Starbucks, Pizza Hut, KFC se fondent sans complexe dans ce contexte, avec leur décoration (intérieure et extérieure) beaucoup plus soignée et luxueuse qu'en France.
 



Revigorés par le snack national, zapiekanka, nous continuons notre promenade sans but précis, et nous découvrons la ville au hasard de nos envies.
  
Le lendemain matin nous prenons finalement un train qui nous emmène vers la campagne polonaise. On se croirait en France dans les années 80. Les wagons à compartiments me ramènent vers mon enfance.

Deux heures plus tard, arrivée à Kłodawa, petite ville rurale du centre de la Pologne. Le pivot économique de cette ville est une des dernières mines de sel actives en Europe. Les structures métalliques montées au-dessus des puits la dominent ... Je replonge dans une époque révolue.
 
Malgré la barrière de la langue, je suis accueilli très chaleureusement et le premier repas, comme les suivants d'ailleurs, est un long festin copieux, plein de plats différents : bigos, kotlety schabowe, śledź, pierogi, surówki, sałatki, pączki, makowiec...

A ma grande surprise tous les mets salés sont servis en même temps. Pas d'eau à table ni de boissons fraîches... Sont-elles proscrites ? Nous boirons du thé.

Mais où est la vodka ?!
 
Le repas se prolonge jusqu'à la nuit, vers 16h, et après une petite promenade nocturne nous repassons à table pour continuer le déjeuner. J'ai l'impression que le temps s'est arrêté. Il fait nuit, nous déjeunons encore, à moins que nous ayons commencé le dîner... je ne sais plus.
 
La vie est dure mais les Polonais sont fiers et débrouillards. Les maisons et les appartements très bien entretenus, sont un mélange de modernisme (écran plat, ordinateur) et de mobilier rétro en Formica, remplacé petit à petit par du Ikea.

La ville est relativement grise, contrastée par des taches de couleur très saturées. Des immeubles sont ravalés parfois d'un seul côté alors que les trois autres restent gris.

Tout est contraste. On sent un pays qui a souffert pendant quarante ans et qui rattrape son retard à toute vitesse. Les Polonais découvrent le capitalisme et la société de consommation même s'ils n'ont pas forcément les moyens d'en profiter encore complètement.
 
La religion est très présente et liée à la mémoire collective et personnelle. Les tombes des cimetières sont illuminées par des lanternes à bougies et fleuries comme nulle part. J'imagine quelle a pu être la fierté des Polonais lorsque l'un des leurs, Karol Wojtyła, est devenu Jean-Paul II et ce que cela a pu représenter pour ce peuple en souffrance.
 
Mon voyage arrive à sa fin. Valise pleine de vodka, je repars avec une tout autre vision d'un pays dont on parle beaucoup mais sans réellement le connaître.

Oui, l'hiver y est rigoureux mais ce n'est pas la Sibérie. Les façades sont grises pour beaucoup mais elles se colorent de plus en plus. La vodka est bien une spécialité locale mais elle n'est pas consommée au quotidien et quant à la langue, dans la jungle des consonnes, il y a tout de même au moins une voyelle par syllabe, ce qui m'a permis d'apprendre quelques mots lors de ce court séjour.


Mon seul regret : ne pas avoir croisé un seul plombier...








Un grand merci à toutes les personnes qui nous ont accueillis si gentiment pendant notre séjour.

Serdeczne podziekowania dla wszystkich, którzy przyjęli nas tak życzliwie podczas naszego pobytu.
Reportage Jola BALCER et Julien PEPY


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