Accueil
L'équipe Archives Groupe Facebook
Contacts De vous à nous... Kit média
Sommaire Culture Plaisirs Reportage Intime Mode Actu / News Sub Yu
    »  Retour accueil  •  Territoires  •  Sans parole  •  L'aventure
facebook
Par Chloë Luisetti le 01/03/2010 | Réagir | Envoyer | Imprimer
Mumbai une ville
à l'étourdissante démesure
« Bombay n'est ni indo-britannique, ni anglo-indienne.
C'est une sorte de gigantesque bazar. »
Ainsi décrivait très justement Malraux la capitale économique de l'Inde. Rebaptisée Mumbai depuis 1996, elle est à la fois la capitale du pèlerinage hindou mais aussi du cinéma indien. "Bollywood" est en effet le premier producteur de films au monde avec un millier de films par an, quasi exclusivement des comédies musicales à l'eau de rose, vues par plus d'un milliard de spectateurs potentiels en Asie du sud-est.
Mumbai est aussi la cité la plus ancienne et la plus sainte du Sud. Elle est enfin et surtout, le nerf économique du pays, commercial et industriel, où sociétés financières, assurances, multinationales et autres conglomérats, siègent dans des gratte-ciels rutilants qui surplombent la Mer d'Oman. S'étendant sur 604 km2, la ville est une île dont la pointe sud, Nariman Point, est occupée par le Business District. La plus grande, la plus riche et la plus paradoxale aussi. Cette mégapole offre parfois dans un même quartier, de très grandes richesses côtoyant de très grandes misères, comme le bidonville de Dharavi que l'on traverse en arrivant de l'aéroport. Une honte pour Mumbai pensent certains, sachant que le million d'habitants qui y vivent, à raison de 2m2 par personne, s'y sentent chez eux. Une ville dans la ville, surplombée par les quartiers résidentiels.

Colaba, Churchgate et Fort sont autant de quartiers imbibés par les relents d'une époque révolue qui laisse cependant son empreinte architecturale. A l'ombre des jambosiers et des banians... on se croirait presque dans un « Londres tropical » lorsqu'on chemine entre les bâtiments au style moghol-victorien.

Avec le développement spectaculaire de ces dernières années, le bazar n'a fait que s'amplifier mais la magie est là, jaillissant justement de ce singulier contraste où les traces de l'Occident sont le plus souvent étouffées par la ferveur indienne, emplie par la puissance de ses croyances et de sa dévotion.

Mais à Mumbai l'Inde est bien vivante et sa mosaïque de communautés, qu'elles soient déracinées ou d'une caste particulière, est mue d'une même et seule énergie.

Pas de doute, Mumbai est le reflet qu'elle se fait d'elle-même. Une mégalopole où les fortunes s'amassent à une vitesse vertigineuse mais où la moitié des habitants survit dans des bidonvilles, un macrocosme dont la vitalité et l'énergie parcourent le béton dans un vertige tourné résolument vers son rêve d'Occident.
Certes on y trouve peu de musées ou de sites historiques, mais la ville offre beaucoup. Comme partout en Inde, l'attrait principal de Mumbai se focalise sur les contrastes. Des demeures palatiales de Malabar Hill aux boutiques branchées de Colaba, vous basculez d'un coup dans les quartiers grouillants près des gares de Churchgate ou de Victoria station.

Le matin vous admirez une partie de cricket qui se tient sur une pelouse rutilante en plein centre ville, et à la tombée de la nuit vous circulez sur des trottoirs jonchés de tôles ondulées sous lesquelles s'entassent et dorment des familles entières.

Et puis il y a Marine Drive, ligne parfaite, longue et fragile, où des familles entières se retrouvent pour pique-niquer le soir et le dimanche, dans le sable de Chowpatty Beach, sous le vent parfumé d'encens, de masala et d'air marin. Très fréquentée, elle draine une population hétéroclite de flâneurs, d'amoureux et même des sâdhus, qui se livrent à leurs pratiques rituelles.
« Bombay, ou l'avenir de la civilisation urbaine terrestre. Que Dieu nous garde. » Suketu Mehta

Toute une génération d'artistes, peintres, plasticiens, photographes, d'architectes, de journalistes, d'écrivains font de cette ville qui ne ressemble à aucune autre dans le monde, un champ d'investigation. Dans les collectifs, les instituts d'étude, au sein des universités, les journaux et les revues, les galeries d'art, les expositions, ils interrogent leur présent, se projettent dans l'avenir, suscitent des interrogations, posent des éléments de réponses.

Historiques et coups de coeur

Le Taj Mahal Palace and Tower. Apollo Bandar, Colaba. Sa façade mythique (en travaux depuis les attentats) regarde vers l'est et le Gateway of India.

Les Tours du Silence.

A leur sommet, les parsis déposent leurs morts afin qu'ils soient mangés par les vautours. Pour ces zoroastriens qui respectent le feu, symbole divin, ainsi que les trois autres éléments – l'eau, la terre et l'air – il s'agit de n'en souiller aucun ! les tours du silence restent isolées dans leur mystère, loin des regards, fascinant encore les curieux, obsédés par un rituel d'un autre âge.

L'Ile Elefanta et ses statues sculptées dans la roche...

Cette petite île située à dix kilomètres de Mumbai (Bombay) se nommait autrefois Gharapuri ; en y abordant pour la première fois, les Portugais y découvrirent un gigantesque éléphant de pierre et rebaptisèrent l'île "Elephanta"... La statue de l'animal s'effondra en 1814, les fragments furent récupérés puis la statue recomposée dans les jardins Victoria de Mumbai. Des bateaux effectuent l'aller-retour entre la côte et l'île plusieurs fois par jour. Les Grottes d'Elephanta furent inscrites en 1987 sur la liste du Patrimoine Mondial. Leur origine précise est source de débats entre experts ; selon les uns ou les autres, elles dateraient d'une époque variant entre le VIème et le VIIIème siècle. Ce qui est certain en revanche, c'est que ces temples rupestres sont dédiés à Shiva et témoignent d'un renouveau du Shivaïsme à cette période.
Les lassis !

C'est la boisson traditionnelle indienne à base de yaourt.

Le lassi existe en plusieurs versions : nature, salée, épicée ou sucrée, cette dernière étant souvent aromatisée, par exemple à la rose, au citron, à la framboise ou à la mangue. En Inde, le lassi est le plus souvent consommé en dehors des repas.
Récit Chloë LUISETTI
Photos : Caroline BAUMARD, Dev GUPTA


» Archives Reportage | Territoires

 

Accueil  •  Sommaire  •  Culture  •  Plaisirs  •  Reportage  •  Intime  •  Bien-être  •  Mode  •  Sub Yu  •  Infos légales  •  Contacts
Copyright Clair Média [2008|2012]  •  Tous droits réservés
Haut de page

Notre site Sub Yu Magazine est listé dans la catégorie Actualité et médias : Journal, magazine de l'annuaire WRI

referencement