
| Pied-Pied : Partie I |
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L'histoire est pour le moins bizarre : cela commence par une banale sortie de décor qui vous projette dans toutes les acceptions du terme dans un univers inconnu bien plus dépaysant que la découverte des romans de Jules Verne. Les accidents sont toujours bêtes, donc je n'évoquerai pas les circonstances afin de ne pas leur donner trop d'importance. Toutefois le vélo, et particulièrement le VTT, ne sont pas contrairement à un animal à quatre pattes, le meilleur ami de l'homme.
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La découverte de l'hôpitalL'histoire débute donc à l'arrivée aux urgences où me dépose un ami, Denis A., qui regardant l'état de ma cheville diagnostique une belle entorse. L'avenir me prouvera que les plus brillants hommes de radio ont bien fait de ne pas se rallier au serment d'Hippocrate. Cet univers se révèle barbare au premier abord si vous n'avez jamais fréquenté un hôpital excepté pour visiter un proche. Ce qui est mon cas, n'ayant pas la moindre maladie et dont le seul contact avec le milieu médical est de choisir pour la Sécurité sociale un praticien référent immédiatement placé dans la liste de mes meilleurs amis sur Facebook. Evidemment cette plongée abyssale ne s'applique pas aux fans des séries Urgences, Docteur House et autres dans lesquelles on initie le profane aux activités et coulisses de ces endroits. Ma seule réflexion par rapport à ces séries, c'est que vu de son lit, ça fornique beaucoup moins au grand dam de la distraction des patients. Le cul aurait sans doute des vertus thérapeutiques.
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Un service d'urgence c'est un peu comme un hall de gare avec beaucoup de mouvements et une longue attente façon administration, qui vous fait penser qu'il ne résulte pas grand-chose de cette agitation. Pourtant, il n'en est rien, d'autant que les infirmières ont sans doute été recrutées par casting, plus mannequins que dépressives et croyez-moi, il vaut mieux, face aux cas auxquels elles sont confrontées. Une fois passée cette étape où l'on vous demande votre nom et votre date de naissance, sans doute pour pré-commander l'épitaphe des cas les plus graves, on vous dirige dans un box pour vous soumettre à un feu nourri de questions concernant des maladies, des allergies, des traitements que vous êtes susceptibles d'avoir : être en bonne santé vous range immédiatement parmi les iconoclastes ou dans le pire des cas de malade souffrant d'Alzheimer. Le diagnostic est assez simple, sachant que même avec un égo surdimensionné, votre cheville a au moins triplé de volume. Je pensais encore de bonne fois être victime d'une cheville foulée ou au maximum d'une entorse. Autant dire que vous vous voyez déjà chez vous pour le journal de 20 heures avec deux aspirines et, allez, peut-être un suppositoire.
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Les maîtres de l'art parlent très vite d'opération, mais qu'ils affichent complet, et qu'ils cherchent un endroit moins fréquenté pour assurer à la fois les réparations et l'hébergement, me fait comprendre que, finalement Claire Chazal attendra pour ce soir. Bonne nouvelle, le chef des internes juge qu'il faut m'envoyer faire des radios avant de m'expédier au bloc opératoire. Là, se pose le premier problème car avoir 1,26 m de longueur de jambes comme Adriana Karembeu complique la prise des clichés. Enfin après avoir trouvé les plaques de bonne taille l'opération est rapidement menée.
La bonne nouvelle est ensuite la rencontre avec l'anesthésiste qui, façon grand restaurant, me propose plusieurs options à son menu, comme si j'avais suivi des études de médecine pour orienter son choix. Finalement je me suis résigné à le laisser maître de l'art et de ses choix. Après avoir coulissé un nombre de fois incalculable de brancard en table, me voila paré pour l'intervention. Faute de posséder le lexique de base, avant le lancement des opérations, je réclame dûment les lunettes promises au grand étonnement des praticiens qui m'expliquent qu'il s'agit de l'alimentation d'oxygène qui équipe mon nez, d'ailleurs je m'en fous je ne porte pas de lunettes de vue, mais enfin si c'est fourni, après tout, je suis le client.
Après ce premier malentendu, le bloc opératoire tout entier a vraiment l'impression que comme Alf, je viens de la planète Melmac. L'avantage d'une péridurale c'est que l'on reste conscient, suivant du coin de l'œil sans lunettes, le travail malheureusement dissimulé derrière un drap bleu. Finalement cela rassure, du moins jusqu'au moment où vous découvrez l'état des blouses et l'endroit d'une propreté clinique au départ où l'on a l'impression d'avoir égorgé un mouton. La satisfaction du travail bien fait se lit dans le regard du personnel qui n'a de cesse de se mettre d'accord sur l'endroit où il va aller dîner.
Au-delà de la douleur, anesthésié, rien n'a été fait pour mon estomac qui crie famine. On ne me propose ni d'accompagner le personnel ni de commander une pizza ; on me dirige vers une salle de réveil alors que je suis conscient. Un moment délicieux pour découvrir un drain qui relie ma jambe au bocal de sang, et surtout des perfusions ainsi q'une pompe à morphine. Cette salle circulaire avec un poste de commandement central n'abrite qu'un patient dans les vapes qui ronfle comme un sonneur. Ma première réaction est de demander s'il est possible de le débrancher afin de le réduire au silence avant de me mettre en quête de nourriture. Là, les infirmières, charmantes au demeurant finissent par craquer en me glissant une portion de couscous sur le brancard que je demanderai à faire réchauffer une fois dans ma chambre.
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 De patient en militant pro-euthanasie, j'arrive en fanfare dans une chambre où se trouve un monsieur, le genre grabataire incontinent qui malgré toutes les prescriptions des infirmières fait chier le monde constamment. A lui seul, il doit avoir un service de blanchisserie tant on change son lit tout au long de la journée. Enfin à trois heures du matin mon couscous est délicieux, même plié en deux dans mon lit en V. Une position que je conserverai jusqu'au matin sous le ronflement sourd de mon voisin car personne ne m'avait expliqué que je pouvais activer la télécommande afin de trouver une position plus confortable. Au matin mon voisin ne s'étonne pas de ma présence, feignant de m'ignorer. J'aurais tellement voulu pouvoir en faire autant s'il m'avait épargné ses râles, ses ronflements et surtout l'intervention inopinée du personnel à sa demande, pour rien. Une situation d'autant plus difficile quand, comme moi « on aime pas les gens », c'est bien connu, je suis Parisien, j'aime rien, et surtout pas mon voisin. Je crois dès lors aux vertus de l'euthanasie, une vraie délivrance. Faute d'avoir réussi à l'étrangler avec la perfusion, j'ai réussi à le faire évacuer dans une autre chambre. Exit monsieur je ne sais plus comment, sa femme, sa fille qui venaient avec des plats mitonnés ou en provenance d'un traiteur en précisant fort que le jambon importé était bien meilleur que celui de l'assistance publique que j'étais en train d'engloutir. Des gens sans limite qui ne m'ont même pas proposé de manger le « mauvais » jambon, trop aimables !
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 Lui, qui ne m'a jamais adressé la parole, commandait la télévision, lisait Télérama mais conservait jalousement la télécommande prétextant que, comme il n'y avait pas le câble, il n'y avait rien à la télé. Une infirmière m'a transmis la télécommande afin de regarder les informations, avant que mon voisin appelle l'infirmière de garde en signalant que la télé le gênait ; un peu plus et je poussais son lit dans le couloir. Sans être une fourchette, un séjour en milieu hospitalier vous permet de découvrir des aliments qui semblent être produits uniquement pour l'assistance publique. Il m'aura été donné de découvrir de nouveaux légumes dont le point commun est de n'offrir aucune saveur. En comparant quelques plateaux, je reste persuadé qu'en cuisine a été créée une sorte de tirage au sort qui fait qu'un jour le sucre accompagne le yaourt ou que vous allez manger sans sel. Votre vie est rythmée par la prise de médicaments toutes les six heures, une prise de sang et une injection contre la phlébite. Un rêve pour devenir un futur toxicomane ou suivre une formation continue afin que les amateurs d'héroïne en manque ne perdent rien de leur dextérité.
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| Receuil Thierry VASSEUR |
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Marie Masuyer24/01/2011
 | Ankara, 1940. Le temps ne passait pas aussi vite que je l'aurais espéré. Je devenais obscur. Depuis deux mois j'avais déjà fait le tour de la ville. Ses ruines romaines, son architecture hétéroclite, ses nuits interlopes... Parce que je ne pouvais l'imaginer autrement, j'avais dédié ma vie à mon pays, dans la cavalerie d'abord, puis dans le ciel, pionnier parmi d'autres d'un espace infini qu'on avait déjà transformé en champs de bataille. |
Robila Goudjil01/12/2010
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Je ne me suis pas rendu compte de suite que je parlais toute seule. Ça devait faire un moment que ça durait. Je voyais bien que je n'étais pas la seule, j'avais croisé ce grand garçon, avec ses longues enjambées, qui en me frôlant, répétait, et alors et alors qu'est ce que ça peut faire. |
Thierry Vasseur01/09/2010
 | Ne pouvant bouger de mon lit, un pistolet m'a été remis : ce récipient devenait mon meilleur ami en me permettant de vider ma vessie à volonté. Le seul problème, c'est qu'ayant oublié depuis longtemps la loi de la mécanique des fluides, j'étais persuadé que la pression ferait ressortir l'urine pour mieux la répandre dans le lit. |
Fanny Lasserre01/05/2010
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Cette nuit-là, le ciel est tombé par la fenêtre à peine ouverte, et c'est une petite étoile jaune qui est venue s'agrafer sur mon cœur. C'est une belle histoire me direz-vous ! |
Fanny Lasserre01/04/2010
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Mes parents ne m'ont jamais aimée, c'est la seule certitude que j'ai avec celle d'être laide. Se peut-il que ces deux assertions aient un quelconque rapport entre elles ? |
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