
| Seychelles, 28° dans l'eau |
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Seychelles, 29° dans l'air, 28° dans l'eau, et il est temps de m'y glisser pour une promenade de santé. Sous mes palmes s'étale le plus beau paysage qu'il m'ait été donné de voir en mer : un site de plongée bien connu des amoureux de l'île Praslin, les blocs granitiques de Marianne.
Marianne est un îlot rocheux planté au large à vingt-cinq minutes en bateau de l'hôtel dans lequel je réside, le Lémuria Resort. J'ai déjà écumé les sites du centre de plongée de l'hôtel et on m'a promis le plus beau, le plus spectaculaire. Le moniteur tient promesse : depuis le fond de sable trente mètres sous la surface se dressent d'immenses blocs granitiques comme autant de cathédrales submergées. Lentement je descends mètre par mètre, le temps de croiser un premier requin pointe noire qui s'éloigne aussi vite qu'il est apparu, et d'apercevoir dix mètres plus loin une superbe raie aigle museau pointé vers le grand bleu, là-bas.
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Un nuage de lutjans en pyjama jaune se précipite vers moi, pourchassé par trois carangues chasseresses aux dents acérées. Les amazones fendent l'eau à une vitesse supersonique, dispersant les poissons alentours, bifurquant net juste avant de heurter mon masque ! A peine ai-je le temps de voir leur queue en V qu'elles disparaissent dans un éclat de vif-argent.
Je m'approche d'un bloc pour observer le bal de quelques crevettes timides nichées au creux d'un petit aplomb. Pinces dressées, antennes virevoltantes, elles nettoient un morceau d'éponge orange vif sous le faisceau de ma lampe de plongée. Et je poursuis ma lente descente...
Fascinée, je m'engage à la suite du moniteur dans ce dédale pour géants : devant moi une faille, que dis-je, une avenue entre plusieurs blocs taillés à la verticale, aux flancs aussi lisses que le marbre. Les angles sont vifs, et j'ai le sentiment de plonger en plein Manhattan englouti !... Même si on nous répète à l'envi qu'il "ne faut pas toucher", je caresse d'une main la pierre à peine couverte d'une fine couche de sédiments qui témoignent de l'âge de ces falaises massives. Quand se sont-elles formées, à quelle occasion ?
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Et voici une tortue qui me barre la route... Elle me garde à l'oeil tout en passant, à distance respectable. Il suffirait d'un effort pour la rejoindre, mais les tortues sont reines aux Seychelles et je refuse de la perturber.
Jaffa me fait signe, et je le suis plus bas, au ras du sable : ici, une raie pastenague enfouie dans le sable. Ne dépassent que ses yeux et la pointe de sa queue menaçante. Sous un petit mouvement de main du Seychellois elle daigne à peine se déplacer de quelques centimètres, comme si notre passage ne revêtait pas la moindre importance. Est-elle aux aguets ou se repose-t-elle en attendant la nuit ?...
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De bloc en bloc nous nous déplaçons tels des touristes dans un centre-ville, laissant passer un banc de poissons-chirurgiens, puis forçant la voie entre mérous et poissons-perroquets. Toute la faune de l'océan indien est regroupée ici, dans ce paysage digne d'un film-catastrophe.
Plus loin c'est dans une petite grotte que Jaffa m'invite à entrer, à peine cinquante centimètres de hauteur, et ma combinaison Néoprène frotte sur la pierre lisse. Je me glisse à ses côtés et je tends ma lampe pour l'allumer et voir ce qui nous amène ici quand je sens un déplacement brusque, droit devant nous. Jaffa sursaute légèrement et tâtonne dans la pénombre pour saisir ma lampe. Instantanément, dans le rond de lumière blanche nous voyons surgir un bestiau qui n'a rien à voir avec les poissons-soldats ou les mérous endormis que nous pensions trouver dans cet abri ! A moins d'un mètre de nous tournoie la queue reconnaissable entre toutes d'un requin de taille imposante !...
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Dérangé, le squale fait des ronds sur lui-même et semble chercher la sortie. Quand dans une volte-face il se retrouve face à nous au moment où je pense déjà reculer en m'aidant de mes mains sur la pierre, je m'aperçois qu'il s'agit d'un requin-nourrice, souvent surnommé requin-dormeur. Ouf... Pas de panique, ce type de requin est totalement inoffensif et ne peut pas mordre.
Mais l'animal doit tout de même faire près de deux mètres de long. Et quand par petits bonds successifs il cherche à nous intimider en s'approchant de nous jusqu'à se trouver à portée de main, Jaffa, habitué de ces eaux, attrape pourtant mon bras doucement et m'invite à me serrer contre lui dans la grotte. Le requin veut sortir, il faut le laisser passer. Or je comprends que sa taille peut devenir une arme face à deux plongeurs harnachés d'un matériel encombrant qui ne leur permet pas de faire simplement demi-tour dans l'étroitesse de la grotte. Reculer chacun notre tour ferait sans doute peur à l'animal qui pourrait charger...
Alors je me presse contre Jaffa qui s'écrase lui-même contre la roche. Un maigre passage est laissé sur ma gauche au requin qui s'y engouffre en forçant et nous voici soudain écrabouillés l'un contre l'autre, nos robinetteries de bouteille raclant la voûte basse de la grotte. Je sens contre moi la puissance incroyable du requin qui se fraye un chemin vers la sortie à grands coups de reptations nerveuses !
Je n'ai jamais eu peur des requins et j'en ai pourtant croisé beaucoup sous différentes latitudes. Mais je n'oublierai plus la sensation qui m'a étreinte lorsque j'ai senti contre moi le "fuselage" puissant du requin qui voulait sortir coûte que coûte. Et quand en surface vingt minutes plus tard Jaffa m'a signalé qu'il avait entendu parler d'histoires de requins-nourrices emportant vers le fond des plongeurs qu'ils avaient attrapés par le bras ou la jambe, j'ai cessé de prendre cet incident à la légère. Je n'entrerai plus jamais dans une grotte sous-marine sans en éclairer d'abord le fond...
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Texte Marie-Ange OSTRE Photos Hélène CAILLAUD |
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Fanny Lasserre24/03/2012
 | 200 kilomètres au nord du cercle polaire ! Un songe, presque un fantasme que cette situation géographique qui vous propulse directement sur une terre d'aventures pour qui a nourri son imaginaire des récits d'explorateurs tels ceux de Paul-Emile Victor qui ont bercé mon enfance. |
Fanny Lasserre et Gisèle Didi01/02/2012
 | Dernière partie
Le chantier est toujours là, brut, mais en phase finale. Quelques plafonds de couleurs ponctuent les étages, quelques installations de bois habillent et apportent une présence végétale sinueuse, comme organique. |
Fanny Lasserre et Gisèle Didi14/10/2011
 | Troisième visite sur le chantier du futur Hôtel O. Le printemps est venu et l'armature de l'immeuble nous livre toujours sa brutalité, béton et poutres d'acier se disputant l'espace intérieur. La poussière s'accumule dans l'escalier dont les marches de guingois obligent le visiteur à accorder son pas à une vieille histoire. |
Fanny Lasserre et Gisèle Didi12/06/2011
 | Troisième visite sur le chantier du futur Hôtel O. Le printemps est venu et l'armature de l'immeuble nous livre toujours sa brutalité, béton et poutres d'acier se disputant l'espace intérieur. La poussière s'accumule dans l'escalier dont les marches de guingois obligent le visiteur à accorder son pas à une vieille histoire. |
Fanny Lasserre et Gisèle Didi21/03/2011
 | Trois mois plus tard, qu'est devenu le futur hôtel O ?
Toujours en devenir, toujours sous une poussière blanche et grise qui s'évapore sous nos pas, talc abrasif des ponceuses qui polissent, lissent les murs et les sols. |
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