
| [A] Vee Speers |
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| [B] Marc Attali |
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À la croisée d'un chemin d'épines et de roses fanées, j'ai croisé une enfant dans sa robe de bal qui tenait à la main des ciseaux tranchants. Ravissante et fragile elle me regardait avec curiosité. J'étais une grande personne et ce monde perdu n'était plus le mien. Mon cœur a raisonné dans ma mémoire, je me suis souvenue de la féerie et de l'angoisse d'une fête d'anniversaire, de l'odeur des bougies éteintes.
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Birthday Party, dernière série de la photographe Vee Speers, met en scène des enfants et des symboles forts de cette enfance à la fois enchantée et quelquefois angoissée. L'enfant, aux prises de son imaginaire, navigue de figures héroïques qu'il incarne « pour de faux », guerrier des cours de récréation, en spectateur et parfois en victime des guerres de notre époque. Bulles de savons, poupées cassées, oiseau de paix et masque à gaz sont autant d'attributs que Vee Speers n'associent pas à l'enfant par hasard. C'est avec le désir de montrer de véritables émotions qu'elle travaille sa prise de vue et son image finale.
Les couleurs délavées à la manière des cartes postales rehaussées du siècle dernier sont obtenues par le biais de l'informatique. Les photos sont tout d'abord prises en noir et blanc avec un appareil argentique. Puis Vee Speers colorise, à peine, la chair, les yeux, la bouche, les cheveux parfois des modèles et invente les couleurs des robes et des pantalons, couleurs du temps, couleurs des rêves évanouis comme Alice dans son jardin. Vee Speers réécrit l'histoire magique des fêtes enfantines qui cristallisent toutes les joies et les peines des enfants réunis pour cette occasion. Chaque image, chaque enfant raconte une histoire courte qui, mise côte à côte, tisse le récit fantastique d'une fête imaginaire. Un polaroïd, un seul, issu de cette série est exposé à la galerie Nivet-Carzon.
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Australienne, Vee Speers vit et travaille à paris depuis 1990. Elle commence sa carrière comme photographe de plateau, ce qui lui donne le goût de la mise en scène, puis continue comme assistante photographe de mode, mais irritées par les contraintes liées à ce métier, elle décide de créer son univers à travers ses propres images. Sa première série, Bordello, rencontre un vif succès. Inspirée par la rue Saint-Denis où elle vivait, Vee Speers veut travailler dans les anciennes maisons closes de l'entre-deux-guerres, tels le Chabanais, le 4 rue du Hanovre ou l'actuel café Delaville. Elle retrouve les lieux, parfois restaurés et habités, découvre des appartements, des escaliers, en rien sordides mais bien au contraire témoins de la belle époque. Entre érotisme et sensualité, Vee Speers place dans ces décors, des femmes aux regards troubles, belles odalisques dont le mystère et la sensualité donne corps au désir. Un regard sur Paris qu'elle continue de réinventer avec une petite série de Parisiennes excentriques qu'elle expose au centre Culturel Calouste Gulbukian. Chaque fois Vee Speers nous invite différemment et réussit à nous embarquer dans sa poétique avec l'élégance romantique et cruelle des héroïnes modernes, petites filles modèles que le jeu entraîne parfois aux confins inquiétants d'un pays des merveilles.
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Pol/A, exposition collective jusqu'au 1er août Commisariat label hypothèse Galerie Nivet-Carzon40, rue Mazarine 75006 Paris www.nivet-carzon.comAu féminin, exposition collective jusqu'au 29 septembre Centre Culturel Calouste Gulbenkian51, avenue d'Iéna 75116 Paris
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| [B] Marc Attali |
Texte Fanny LASSERRE Photos DR |
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Fanny Lasserre24/03/2012
 | L'oxymore, qui crée une nouvelle réalité poétique, n'est pas une invention moderne. Corneille en a fait ce merveilleux vers dans Le Cid : « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles ». Aujourd'hui encore, son rythme syllabique comme l'imaginaire qu'il provoque, nous force à en faire référence. |
Fanny Lasserre01/02/2012
 | L'atelier de Li-ling Lin, rue de l'Hirondelle, à l'angle de la rue Gît-le-Cœur, porte déjà en son sein, au rez-de-chaussée d'un hôtel que François 1er a estampillé de sa salamandre en l'honneur de sa maîtresse Anne de Pisseleu, les prémices de l'œuvre cachée et intime d'une artiste peintre discrète. |
Marie Masuyer01/02/2012
 | Dans cet Est parisien où de nombreux artistes plasticiens ont trouvé la lumière et l'espace nécessaires à leur travail, nous rejoignons Xavier Wei (initialement Wei Chenhong), peintre taïwanais et français de coeur depuis 1991. Discret, incarnant au premier abord une réserve toute asiatique, Xavier parle une langue métissée mais qu'on dirait dédiée à son art : précis et perfectionniste. |
Fanny Lasserre et Thierry Vasseur14/10/2011
 | Le Cri de Edvard Munch arrache à Julie Perin un cri du cœur: « Je dis à maman à 12 ans : quand je serai grande, je serai artiste. » Une vocation précoce qui l'anime encore d'une force et d'une capacité de travail impressionnante, accompagnée d'un raisonnement profond et continuel sur le corps, sur cet instant qui perdure où la petite fille devient une femme, objet de fascination et d'interrogations qui viennent depuis nourrir son œuvre. |
Marie Masuyer12/06/2011
 | Les routes d'Elodie Lachaud sont envoûtantes et multiculturelles. Sur fond de balade solitaire, chacun s'y retrouve, entend son histoire, passe d'un monde à un autre sans jamais se perdre complètement. |
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